L’invité de la semaine : René Perret

A quelques jours des élections municipales et des différents tumultes qui les entoure, rencontre avec le coordinateur régional du Mouvement Initiative et Liberté (MIL) Bourgogne / Franche-Comté et délégué départemental du Jura, qui comme à son habitude, sans concession, livre son analyse du contexte local et national.

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René Perret.

René Perret, vous êtes le coordinateur régional du Mouvement Initiative et Liberté (MIL) Bourgogne / Franche-Comté et délégué départemental du Jura. Comment percevez-vous la campagne des municipales actuellement en pleine effervescence sur plusieurs secteurs de notre territoire ?
L’agitation qui entoure les prochaines municipales souligne le désarroi d’une grande partie de la classe politique. Le surgissement, par intrusion de Macron a brouillé les cartes “traditionnelles” de la bi-polarisation droite/gauche sans pour autant permettre au parti du président de conforter son implantation locale. Les transfuges du PS et les renégats de droite, élus, jadis, avec les voix de leur camp, peinent pour retrouver celles-ci.
Quant aux amateurs de la société civile, déguisés en députés godillots ils n’ont ni la culture, ni la formation, pour un combat actif sur le champ d’élections spécifiquement locales. Les enjeux nationaux matérialisés par l’occupation de la rue ne permettent pas à cette fine équipe de bras cassés de se départir des errements péremptoires de leur chef ! Pour la droite un proverbe irlandais s’imposerait : “Mieux vaut un lion féroce devant soi qu’un chien traître derrière… ”
Mais celle-ci saura-t-elle en profiter ? Ça n’a pas l’air d’en prendre le chemin …

La ville préfecture semble focaliser l’attention de bon nombre d’observateurs. Il faut dire que de nombreux rebondissements ont animé la campagne… Avez-vous un pronostic quant à l’issue du scrutin lédonien ?
Gageons qu’à Lons “le Centre et la Droite” conduits par John Huet pourront s’emparer des clés de la ville après quelques rebondissements dignes des meilleures clowneries. Un avis partagé par de nombreux élus et citoyens souligne que “Jacques Pélissard a accompli le mandat de trop” et que la présence, en rivalité, de deux de ses adjoints (hier trois) ruine la pertinence attribuée jusqu’ici à un homme qui avait su fédérer autour de projets conséquents. Son poulain, Christophe Bois, fut, comme Jacques Pélissard, élu avec les voix des Républicains pour terminer, toute honte bue, en “Macronie” ; le premier en rejoignant “Agir” un aréopage d’ambitieux impénitents et le second, en pâmoison devant Macron n’hésitant pas à qualifier ce dernier de “grand homme”.
Le MIL soutient la liste portée par John Huet car, parmi des propositions convenables, elle attache une importance capitale au problème de la sécurité (première des libertés).
Par ailleurs, les Républicains de Lons ont désigné leur secrétaire de circonscription Richard Fichet pour les représenter au sein de l’équipe d’Atouts-Lons. Chacun aura compris que Christophe Bois, “plombé” par Pélissard et habillé d’une sincérité politique rendue putative par ses tribulations n’obtiendra jamais la caution des électeurs de droite.

Et pour Dole ? Et pour Saint-Claude ?
Le cas de St Claude est clair : Si Jean-Louis Millet brigue un nouveau mandat nous le soutiendrons et Les Républicains devront en faire de même s’il ne veulent pas être complices d’un retour de la Gauche aux affaires. Rien ne sert de pérorer sur les postures du maire de St Claude au niveau du conseil départemental … il est de droite … on y va !
Pour Dole, j’avoue que le deal est étonnant, il n’est pas unique semble-t-il, au Havre, par exemple, LR n’ayant pas de candidat face à Edouard Philippe a jeté l’éponge et demandé aux éventuels candidats étiquetés LR sur la liste du Premier Ministre … de se mettre en congé du parti.
L’enjeu des municipales est manifestement politique et l’ère du mandarinat est révolue, abattue par les réseaux sociaux qui forcent l’expression des adhérents.
La balle est dans le camp de Jean-Marie Sermier dont la capacité en termes de compromis n’est plus à démontrer.

Certaines alliances de circonstance semblent se généraliser. L’union des droites serait-elle la clé d’un nouveau paradigme idéologique ? Quel est votre avis sur ce concept récemment décliné par Eric Zemmour ? 

Lorsque des années durant et, pour tout dire, des décennies, on a “relayé” les thèses de la Gauche, qu’on a, en boucle “urbi et orbi”, ânonné avec gourmandise et irresponsabilité sur les vertus du “cordon sanitaire” et autre “plafond de verre”, alors on se réveille sonné par l’échec et mutilé au plan de sa représentativité.
En ignorant le transvasement de millions de voix, on se méprend gravement sur les raisons objectives du vote RN. Vous rencontrerez une majorité d’électeurs de droite qui vous expliqueront que leurs voix se sont portées sur le RN parce que la droite traditionnelle n’a pas “posé les bonnes questions” (comme disait feu Charles Pasqua). L’Islamisme conquérant soutenu par les Islamo-gauchistes, les prières de rue, les exigences communautaires atteignent nos concitoyens dans ce qu’ils ont de plus sacré : la civilisation ciment indubitable de la Patrie !
Je n’ai pas voté Macron et je ne crois pas à son nouvel enfumage sur “le séparatisme” astuce sémantique improductive. Macron s’est disqualifié en Algérie en parlant de “crime contre l’humanité incarnés par le colonialisme”, il a, à nouveau (et honteusement) comparé la guerre d’Algérie à la Shoah ! Sous la casquette du Président … la rhétorique gaucharde n’a aucun mal à percer.
A ce stade, les génuflexions respectueuses n’ont plus de raisons d’exister, les atermoiements non plus. Nous verrons après les municipales car, d’autres élections se profilent (départementales et régionales), les militants auront toute leur part dans le débat. Pour le MIL, le combat pour les Valeurs d’une droite civique, gaulliste et patriote ne se négocie pas … qu’on se le dise.