L’invité de la semaine : Régis Malinverno

"Maintenant que la situation budgétaire se stabilise, je crois que nous avons à notre disposition de nombreux leviers qui nous permettront d’améliorer la vie des jurassiens, bien au-delà de la compétence phare du Département dans le domaine social".

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Régis Malinverno.

Régis Malinverno, suite au récent décès de François Godin, vous êtes devenu le nouvel élu du canton de Morez, aux côtés de Maryvonne Cretin-Maitenaz. Comment abordez-vous votre prise de fonction au sein des instances départementales ?
Il y a quatre ans, en acceptant d’être suppléant de François Godin au Conseil départemental, je n’aurais jamais imaginé devoir le remplacer de façon définitive. Sa disparition m’a profondément heurté.
Bien sûr, j’ai eu quelques hésitations sur cette prise de fonction. Il n’est pas aisé de suppléer un élu dont l’engagement, l’énergie et la notoriété en avaient fait depuis plusieurs années une personnalité incontournable du Haut-Jura.
Mais j’ai un engagement moral envers les électeurs et la profession de foi de 2015 m’a poussé à accepter la fonction de Conseiller départemental.
En outre, j’ai la chance d’avoir en binôme une élue de terrain dévouée à l’intérêt général.
Ainsi, j’ai pu compter sur le soutien bienveillant de Maryvonne Cretin-Maitenaz pour faciliter mon intégration au Conseil départemental où j’ai été très bien accueilli par mes nouveaux collègues.

Pouvez-vous dessiner brièvement les contours de votre ligne politique ? Quelles seront vos priorités ? Quels dossiers vous semble-t-il urgent de traiter ?
En rejoignant le Conseil départemental, il m’apparaissait naturel d’intégrer le groupe majoritaire de la droite et du centre.
C’est sur cette ligne politique que nous avons été élus en 2015.
Pour ma part, je considère que le choix exprimé des électeurs au niveau départemental reflétait une nette volonté d’alternance par rapport à ce que nous avions connu .
Je considère en outre que le mandat qui m’est confié concerne des priorités locales qui doivent trouver des réponses appropriées sans entrer dans les conflits de politique nationale.
Dans ce cadre, l’urgence de l’action départementale se manifeste notamment dans le domaine social où des solutions de long terme doivent être trouvées sur de nombreux sujets.
Concrètement, je pense notamment à l’hébergement des personnes âgées et des personnes handicapées dans un contexte où les demandes d’accueil en établissements spécialisés explosent.
Je pense également à la prise en charge obligatoire des mineurs étrangers non accompagnés issus d’un flux migratoire que nous ne maîtrisons pas.

Évoquons plus spécifiquement votre action sur le canton de Morez : quels en sont ses atouts, ses caractéristiques ?
Le canton de Morez a de nombreux atouts à mettre en avant et de très fortes caractéristiques d’identification au Jura.
Tout d’abord, ce canton est le siège de nombreux savoir-faire peu communs qui sont les fruits d’un héritage artisanal et culturel appelé à évoluer. Je pense notamment au secteur de la lunetterie à Morez, où sont formés des artisans minutieux et passionnés par leur métier.
Il s’agit également d’un endroit où les nombreuses compétitions de sports d’hiver côtoient une fréquentation touristique importante que favorise un climat montagnard typique du Haut-Jura. Comment ne pas évoquer la Station des Rousses (et notre station de Bellefontaine, dont je suis le Maire), en parlant de notre attractivité touristique.
L’action départementale est bien évidemment associée à ces caractéristiques. Des subventions du Département sont ainsi attribuées pour les événements et associations culturels ou sportifs et pour la gestion des équipements touristiques.
Maryvonne et moi veillerons à ce que le Département demeure associé à la mise en valeur de ces atouts au plus grand bénéfice de notre canton.

Plus généralement, comment peut-on, selon vous, mieux construire le futur de notre Département ?
En remettant les choses dans leur contexte, il faut préciser qu’au début de la mandature, alors que je n’étais pas encore Conseiller départemental, il a fallu consentir des efforts budgétaires importants. Mais cela était nécessaire au regard de la dette accumulée .
Pour consentir de tels efforts sur les dépenses de fonctionnement de la collectivité, il a fallu un certain courage politique qui n’a pas fait défaut au Président Pernot et à la majorité départementale.
Maintenant que la situation budgétaire se stabilise, je crois que nous avons à notre disposition de nombreux leviers qui nous permettront d’améliorer la vie des jurassiens, bien au-delà de la compétence phare du Département dans le domaine social.
C’est le cas avec les investissements départementaux pour le déploiement du très haut débit dans le Jura. Ou encore avec la définition d’une nouvelle politique d’appui aux territoires qui se veut plus juste et plus équitable à travers la récente Dotation de Solidarité Territoriale. D’importants investissements seront en outre à prévoir pour la rénovation de plusieurs collèges jurassiens.
Enfin, la création d’une agence départementale d’ingénierie permettra un appui d’expertise appréciable dans la réalisation ou l’amélioration des projets d’infrastructures sportives et touristiques sur le Haut-Jura.

D’importantes échéances électorales vont arriver d’ici quelques mois (européennes, municipales, peut-être un référendum…) Comment les envisagez-vous ?
Il est vrai que ces échéances électorales seront fondamentales pour sonder l’opinion française. Or, je crois qu’il n’a jamais été aussi difficile de pronostiquer l’issue de ces scrutins tant la confiance de nos concitoyens envers la politique semble s’éroder.
Pour ma part, je jouerai un rôle important en tant que maire de Bellefontaine dans le scrutin municipal. Je tacherais alors d’être à l’écoute de mes administrés car c’est ce qui est consubstantiel à la fonction d’un élu local et notamment d’un maire.
Je crois qu’un dialogue doit être réinstauré entre les élus ou les candidats aux différentes échéances électorales et les électeurs. Mais ce dialogue doit être conduit selon des principes de réciprocité et de sincérité et non pour servir à la hâte l’image ou l’ego d’une personnalité politique.