Jura. Quentin Fillon-Maillet : confidences d’un champion du monde

A 27 ans, le biathlète jurassien a connu la consécration lors des récents Championnats du monde en Italie, avec pas moins de trois médailles au compteur (dont une en or en relais masculin). Retour sur cette irrésistible ascension qui promet, en vue des prochains Jeux Olympiques.

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Le Grandvallier a décroché pas moins de 3 médailles en quelques jours.

Quentin Fillon Maillet, on ne vous présente plus. Mais d’où est venue votre passion pour le ski ?
Je suis né en 1992 à Saint-Laurent en Grandvaux, un des hauts-lieux du ski nordique s’il en est dans le Jura, dans une famille très sportive. Mon père a fait de très bonnes places en ski nordique sur des courses comme la Transjurassienne, l’Envolée nordique, etc. Et dans la famille, on pratique également la course à pied,  le vélo, etc.
J’ai commencé à skier dès que j’ai su marcher, puis le biathlon à l’âge de 13 ans.  Ma carrière a débuté au ski club de Saint-Laurent-en-Grandvaux, avant de réaliser mes premiers très bons résultats à l’âge de 20 ans en IBU Cup. Je suis désormais douanier, ce qui m’offre une stabilité professionnelle durable, grâce aussi à des sponsors comme Juraflore.

Vous avez été triple médaillé en Italie, à Antholz-Anterselva fin février : médaille d’argent en sprint, en mass-start, et médaille d’or en relais masculin.  Laquelle gardera la saveur la plus inoubliable pour vous ?
La médaille d’or décrochée avec  Martin Fourcade, Simon Desthieux et Emilien Jacquelin : nous sommes en déplacement ensemble environ 200 jours par an en France et dans le monde. Partager cette victoire avec cette équipe de copains nous a offert beaucoup d’émotions, d’autant plus que nous avions fait plusieurs tentatives sans réussir.

Vos victoires et celles de l’équipe de France contribueront-elles à populariser le biathlon dans le Jura et en France ?
Nous sommes très loin de pays tels que la Russie, la Norvège, l’Allemagne où le biathlon est  considéré comme un sport national. Mais avec peu de moyens et peu de licenciés, l’équipe de France obtient des très bons résultats.  D’où une médiatisation croissante : au début, les épreuves n’étaient diffusées que sur une  chaîne cryptée (Eurosport), désormais outre une chaîne en clair (l’Équipe), de nombreux journaux et radios font écho à nos résultats. Le biathlon a changé de dimension, et sa portée croit énormément.

Que manque-t-il au biathlon français pour monter encore en puissance ?
On ne pourra jamais avoir un stade de biathlon dans chaque ville, à l’instar des stades de football. Il faut un accès à la neige, ce qui peut poser question à l’aune du réchauffement climatique. Mais nous avons la chance d’avoir trois secteurs très propices dans le Jura : la forêt du Risoux, la forêt du Massacre, et le stade des Tuffes (entre les Rousses et Prémanon N.D.L.R.). Un stade où la neige est stockée d’une année sur l’autre, et qui dispose de canons à neige : un site d’entraînement hors du commun, avec un pas de tir de compétition, des cibles électroniques, etc.
Sans oublier les  équipements dont dispose le pôle France à Prémanon : tapis pour le ski-roue, chambres hypoxie (pour simuler un  séjour en altitude), salle de musculation, etc…

Avez-vous pu suivre les épreuves des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), disputées justement aux Tuffes cet hiver ?
Malheureusement, j’étais en compétition pour la Coupe du monde. Mais j’ai porté la flamme olympique sur une partie de son trajet,  et je suis très fier d’avoir vu cette compétition s’ancrer en terre jurassienne.

Qu’attendez-vous de la fin de saison ?
Il reste encore plusieurs compétitions à disputer : des épreuves de la Coupe du monde en République tchèque, en Finlande, en Norvège, et les championnats de France fin mars en Savoie. Sans oublier en avril, une fête pour marquer la fin de la saison à Saint-Laurent en Grandvaux !

Propos recueillis par Stéphane Hovaere