L’invité de la semaine : Pierre Worms

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Le nouveau président de la fédération du BTP Jura fait part de ses espoirs et de ses inquiétudes pour l’année 2019. Il invite les jeunes à la partager la passion de la construction à travers par exemple l’apprentissage.

Pierre Worms, qui êtes-vous ?

J’ai 54 ans, suis marié et père de 4 enfants. J’ai travaillé 20 ans pour des grands groupes, en industrie et dans le bâtiment, dont 15 ans chez Vinci Energies.  En 2011, j’ai quitté Vinci pour reprendre 2 entreprises du génie climatique (chauffage, climatisation, ventilation, plomberie, sanitaire) et charpente couverture et zinguerie.

Elles sont implantées à Dole (Franc Comtoise de Confort) et Lons (Cottier-Faivre). En 2016, nous avons repris une troisième entreprise sur les mêmes métiers, située à Labergement Sainte-Marie dans le Haut-Doubs (Voegtlin).  J’ai longtemps milité au Centre des Jeunes Dirigeants (CJD) et j’ai présidé de 2012 à 2016 le Réseau Entreprendre Franche Comté. J’ai été élu président de la Fédération BTP 39 en juin 2018 après Claude Caniotti.

Quelles sont les missions de la FBTP Jura ?

La Fédération BTP 39 fédère 150 entreprises qui emploient 2600 salariés dans le département du Jura (sur les 4800 que compte la profession). Notre fédération est donc un acteur majeur du dialogue social au sein de la branche bâtiment.

Localement nous exerçons 3 missions :

–       Nous informons, conseillons et accompagnons les entreprises du BTP au quotidien sur la conduite et de la gestion d’une entreprise. C’est notre cœur de métier : nos entreprises jurassiennes sont souvent de petites tailles, avec peu de fonctions supports en interne. Elles ont besoin d’information, d’être accompagnées.

–       Nous représentons les entreprises auprès des élus, des pouvoirs publics, des administrations et dans les relations avec les syndicats de salariés.

–       Nous travaillons à la promotion des métiers auprès des publics scolaires, mais également auprès des jeunes et adultes en recherche d’emploi. Nous organisons régulièrement des visites de chantier ou des opérations plus ambitieuses comme les coulisses du Bâtiment, qui cette année ont réuni 350 élèves à Mouchard.

Quelles sont vos principales préoccupations pour 2019 ?

Nous sommes préoccupés par la rentabilité des entreprises dans notre secteur, qui reste fragile, malgré un niveau d’activité en amélioration. Nous devons travailler avec nos artisans et entrepreneurs,  avec les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre pour permettre à nos entreprises de retrouver de la rentabilité.

Nous sommes également très sensibilisés au développement de l’apprentissage. Nos salaires sont attractifs, nos métiers variés et avec beaucoup d’autonomie, nos chantiers sont toujours différents. Homme ou femme, de l’ouvrier à l’ingénieur, il y a forcément une carrière pour vous dans le BTP !

Quels sont vos principaux espoirs ? 

Les fondamentaux de nos métiers sont bons, les besoins en logements, en équipements, la volonté de chacun d’améliorer son cadre de vie, les impératifs liées au climat et à la performance énergétique sont autant d’opportunité pour l’avenir de nos métiers. Le CITE (Crédit d’impôt pour la transition énergétique), la TVA à taux réduit sont des sujets remis sur la table chaque année lors de la loi de finance. Il nous appartient de convaincre que ces dispositifs sont essentiels pour notre secteur, les enjeux sur le climat nous l’imposent aussi !

Quelles suites au mouvement des “gilets jaunes”? 

Les avancées obtenues, notamment pour le GNR (gazole non routier) sont le fruit de notre action auprès du gouvernement et des élus, mais nous restons vigilants. Si le projet de taxation de ce carburant avait été poursuivi, il aurait amené à de nombreux dépôts de bilan.

Nous applaudissons le retour de la défiscalisation et de la désocialisation des heures supplémentaires. La grande majorité de nos entreprises fonctionne avec un horaire hebdomadaire supérieur à 35 heures. Cette mesure va donc augmenter le pouvoir d’achat de nos salariés et générer de l’activité.

Quels sont vos chantiers à venir pour le début d’année ?

Je souhaite au cours du premier trimestre rencontrer un grand nombre d’élus, pour les sensibiliser à la nécessité de défendre les entreprises qui sont sur leur territoire. Nous organiserons le 28 mars une journée de prévention des risques dans nos entreprises. Le 7 juin, nous organiserons nos Assises autour de la thématique de la co-construction, ou comment travailler, construire, échanger ensemble pour rendre nos entreprises plus performantes dans leur environnement.

Propos recueillis par Stéphane Hovaere