L’invité de la semaine : Pascal Blain

Rencontre avec la tête de liste écologiste jurassienne, à l'approche des futures échéances électorales.

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Pascal Blain, avez été désigné tête de liste du département du Jura pour les élections régionales de juin prochain. Comment abordez-vous ce rôle de leader de l’opposition et en quoi consistera-t-il pour vous ?
Rencontrer, proposer, rassembler…
Depuis ses débuts l’écologie politique dessine les contours d’un monde vivable pour tous les êtres vivants qui peuplent notre planète. Ce projet d’espoir est porteur de solutions innovantes, concrètes et crédibles, déjà largement expérimentées en France, en Europe et dans le monde.
Désigné à l’automne dernier pour animer l’équipe jurassienne, je veux mobiliser les énergies, rassembler le plus grand nombre de nos concitoyens autour des propositions écologistes. Il s’agit d’engager les réformes indispensables face aux changements climatiques et à l’érosion de la biodiversité. Ces problèmes sont au cœur des préoccupations des Français, malgré la crise sanitaire venue rajouter stress et difficultés dans notre quotidien. Le succès de l’écologie au dernier scrutin européen comme aux élections municipales, y compris localement avec le mandat confié aux écologistes et à leurs alliés à Besançon, montrent que la société est prête à un changement profond et rapide. Je ferai tout pour que ce projet arrive en tête au soir du premier tour !

Quels sont vos objectifs quant aux prochaines échéances électorales ?
J’ambitionne que la Bourgogne Franche-Comté devienne une région écologique, résiliente et solidaire, capable d’amortir les chocs climatiques, et de mettre en place les nouveaux équilibres sanitaires, économiques et sociaux pour bien vivre. Stéphanie Modde, tête de liste régionale, sait qu’elle pourra compter sur moi pour l’aider à conduire la Région sur cette voie si nos concitoyens nous accordent leur confiance en juin.
Le projet des écologistes s’articule autour de 7 axes forts : sauvegarder et créer des emplois d’avenir en accompagnant la conversion écologique de l’économie vers une économie responsable, lutter contre les inégalités territoriales, accompagner la transition écologique de l’agriculture et de l’alimentation pour tendre vers l’autonomie alimentaire, accélérer l’éco-mobilité (dispositifs de gratuité dans les TER, un plan vélo régional, maintien des haltes ferroviaires à intégrer dans les réseaux de transports urbains des intercommunalités, soutien des alternatives à la voiture, arrêt des subventions aux aéroports régionaux), préserver et agir puissamment en faveur de la biodiversité et du bien-être animal, anticiper les risques environnementaux et sanitaires liés au changement climatique et aux risques nucléaires et chimiques, et enfin, impliquer les habitants dans les orientations et décisions de la Région.

Le sujet du modèle économique de l’aéroport de Dole-Tavaux cristallise bon nombre de passions… Malgré vos divergences avec la majorité régionale sur ce point, envisagez-vous, comme lors du précédent mandat, de vous rallier à elle au soir du premier tour et ainsi de risquer de décevoir bon nombre de vos soutiens ?
Au-delà des passions, plusieurs études récentes démontrent que l’avion vert n’est pas pour demain et les innovations technologiques tant vantées par certains ne suffiront pas à endiguer la crise climatique. Il est indispensable de réguler et réduire le trafic aérien pour qu’il soit compatible avec l’accord sur le climat de Paris, tout en anticipant la reconversion de ce secteur et les conséquences sociales pour l’ensemble des personnes qui y travaillent. Les mesures proposées dans le projet de loi “Climat et résilience”, examinées actuellement à l’Assemblée Nationale, sont sur ce sujet loin d’être à la hauteur. Pour un réel bénéfice pour le climat, les vols pour lesquels une alternative en train de 6h maximum existe doivent être supprimés. Il faut une vraie relance de l’offre ferroviaire, pour que le train soit une alternative solide et accessible à tous.
Par ailleurs, la fiscalité ne peut plus continuer à exonérer le secteur aérien, tous les secteurs doivent contribuer. La Région devra réviser sa stratégie aéroportuaire et cet engagement est bien sûr connu de tous nos partenaires.

Concernant les élections départementales, allez-vous présenter un binôme écologiste dans chacun des 17 cantons du Jura ? Avec quels résultats visés ?
Depuis plusieurs mois des discussions sont ouvertes entre les diverses formations de gauche et les écologistes. Sur le secteur Dolois, nous sommes prêts à mener une campagne écologiste, en résonance avec celle que je conduis pour les Régionales, en particulier sur cantons de Tavaux, de Dole 1 et d’Authume …
Si ce scrutin départemental fait une place singulière aux personnalités locales, le débat d’idées doit trouver à s’épanouir et les propositions écologistes seront je le souhaite partout au cœur des programmes.

Certains élus écologistes ont parfois adopté des comportements excessifs pour ne pas dire extrémistes, (refus d’accueillir le Tour de France à Lyon au prétexte qu’il serait “machiste et polluant”, imposition d’un menu unique sans viande dans les écoles, etc…), les amenant à être qualifiés de “khmers verts”. Pensez-vous que ce genre de pratique “radicale” puisse détourner bon nombre de vos électeurs potentiels des urnes ? Quel est votre position sur ces sujets “clivants” ?
Certains, à droite en particulier, ont instrumentalisé sans véritablement les contextualiser les propositions d’élus écologistes courageux, rejoints dans leurs campagnes de dénigrement par les lobbys les plus conservateurs… Il est certain que les réformes portées par les écologistes dérangent ceux qui aujourd’hui tirent profit du système en place ! Longtemps persuadé qu’il suffirait d’informer pour que nos concitoyens se mobilisent face aux défis écologiques, puis convaincu que la politique de petits pas finirait par faire évoluer favorablement nos sociétés, je sais aujourd’hui que l’heure des changements radicaux est devant nous si nous voulons éviter le crash annoncé.
La démocratie, au cœur du projet écologiste, est cependant la seule voie possible.
Faire « pour » nos concitoyens » ne suffit pas, il faut faire « avec eux ». Les élus écologistes faciliteront la co-élaboration des projets en permettant aux citoyens et aux acteurs locaux de contribuer à la décision. Ils organiseront des conférences citoyennes territoriales et s’appuieront sur les préconisations de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?
A 59 ans, je ne suis pas un professionnel de la politique mais dans la continuité de mon engagement associatif bien connu. Je suis déterminé à agir en tournant le dos aux politiques court-termistes, au service des profits immédiats. Au service du bien commun et de l’intérêt général, j’espère apporter toute mon énergie à celle de l’équipe de Stéphanie Modde afin de transformer demain notre région pour la faire vraiment entrer dans le 21ème siècle, en faire une région écologique, solidaire et résiliente.

Contact au 06.69.79.04.06

 

Pascal Blain accompagné de Stéphanie Modde, tête de liste régionale EELV.