L’invité de la semaine : Loïc Dombreval

Rencontre avec le député de la deuxième circonscription des Alpes Maritimes, vétérinaire et président du Groupe d'Etudes "Condition Animale" à l'Assemblée Nationale. Actuellement en plein cœur de la loi contre la maltraitance animale dont il est rapporteur général, texte qu'il vient de faire adopter la semaine dernière dans l'hémicycle.

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Loïc Dombreval.

Qui êtes-vous et pourquoi avez-vous choisi de défendre la cause animale ?
Je suis député de la deuxième circonscription des Alpes Maritimes et président du Groupe d’étude condition animale à l’Assemblée Nationale. Cela fait longtemps que je travaille pour la protection animale, en tant que vétérinaire mais également tout au long mon ancien mandat de maire. Il s’agit d’une cause vaste, qui regroupe de nombreuses injustices et pour laquelle il reste énormément de choses à accomplir.

Quelles sont vos orientations, vos principaux projets, pour l’année 2021 ?
Le début de l’année est consacré au vote de la proposition de loi visant à lutter contre la maltraitance animale, dont je suis rapporteur général.
Celle-ci comprend de nombreuses avancées comme la lutte contre l’abandon ou la fin des cirques avec animaux sauvageset des delphinariums.
2021 sera aussi l’occasion de tirer les leçons de la crise sanitaire, et de porter mon ambition de faire se rapprocher la santé humaine, animale et environnementale. J’ai travaillé sur une proposition de résolution visant à rendre plus opérationnel ce concept de santé globale «One Health». Aujourd’hui nous devons repenser la manière d’anticiper les crises sanitaires, en s’intéressant plus finement aux maladies animales et aux impacts environnementaux sur la santé.

A quand un durcissement (ou tout simplement une réelle application) de la loi contre les abandons et/ou la maltraitance des animaux ?
C’est tout l’objet de la proposition de loi que nous avons votée, et qui émane des problèmes que j’avais déjà identifiés dans mon rapport de mission en juin dernier.
Lutter contre l’abandon passe par une sanction plus importante du manque d’identification des animaux. Le gouvernement a déjà augmenté les contraventions à 750 euros, et la proposition de loi étend le nombre d’agents habilités à la constater.
Mais il faut également intervenir en amont et lutter contre les achats impulsifs, on n’achète pas un chien ou un chat comme on achète un jouet !
Nous mettons un terme à la vente de ces animaux en animalerie, et les futurs acquéreurs seront davantage responsabilisés par le certificat de connaissances auquel j’étais très attaché.
La proposition de loi durcit également les peines en cas de maltraitance et étend la durée d’interdiction de posséder un animal de compagnie. Nous proposons que le fait d’être propriétaire de l’animal soit une circonstance aggravante: il est odieux d’infliger des souffrances à un animal totalement dépendant et qui a attribué sa confiance à un être humain.

Une obligation d’étourdissement dans les abattoirs sera-t-elle bientôt à l’ordre du jour ?
Je crois que c’est une demande sociale forte, et qu’elle viendra nécessairement à être débattue à l’Assemblée nationale. Si aujourd’hui une avancée majeure a été faite dans le domaine des animaux de compagnie, il reste énormément de progrès à faire chez les animaux de rente.

Avez-vous un dernier message à faire passer à nos lecteurs ?
La région Franche Comté est une terre de grands intellectuels qui ont œuvré pour la santé et le bien-être des animaux, de Victor Hugo qui déjà critiquait les actes de maltraitances, à Pasteur qui a mis fin à une épidémie de rage touchant à la fois les hommes et les animaux. Aujourd’hui, elle est imprégnée de cette tradition de soin apportée au vivant à travers les actions de ses associations de protection animale et de ses vétérinaires, qui font un travail quotidien remarquable à l’échelle locale.