L’invité de la semaine : le colonel Frédéric Hughet 

Il y a du changement dans l'air : le nouveau grand patron des gendarmes du Jura incarne une nouvelle dynamique. Fort d'expériences réussies au plan national, il décline un ambitieux programme d'actions pour les jurassiens pour les 3 ans à venir.

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A 45 ans, le colonel Hughet incarne un vrai renouveau pour les 700 gendarmes du Jura. Crédit photo : groupement de gendarmerie du Jura.

Colonel Frédéric Hughet, vous voilà désormais le nouveau numéro un des gendarmes du Jura. Avec un parcours à valeur ajoutée, semble t-il ?
J’exerçais auparavant, de 2016 à 2020, au sein de la direction générale de la gendarmerie nationale, à Issy les Moulineaux, dans un service dédié à la modernisation et à la transformation de celle-ci. J’ai donc porté mon regard sur ce qui se faisait de très bien au plan national, et j’espère transposer beaucoup de bonnes pratiques dans le Jura.

Aviez-vous exercé auparavant dans  la région ?
Avant de faire l’école de Guerre en 2015 à Paris, j’avais dirigé le service de ressources humaines de la région Bourgogne, commandé les gendarmes de la Drôme et de l’Ain (commandant en second pour ce dernier poste).

Le Jura a vécu un fol été touristique. En a t-il été de même pour la délinquance ?
Le Jura a en effet connu une affluence exceptionnelle. Au poste saisonnier de gendarmerie de Surchauffant (armé par des réservistes), jusqu’à 5.000 personnes par jour ont été recensées sur ce seul secteur. Le confinement a coïncidé avec un effondrement de la délinquance sous tous ses aspects, mais elle est globalement revenue à son niveau d’avant.

Face aux probabilités de retour du Covid 19, comment vous positionnez-vous ?
Nous sommes tous responsables les uns des autres. Il est temps de réagir collectivement ! Face à la dégradation des indicateurs liés à la situation sanitaire, nous avons lancé un grand plan de contrôle des gestes barrières dans les établissements accueillants du public : plages, marchés, brocantes, commerces, bars, restaurants, aires d’autoroutes, etc…
Tous les jours, de nombreux contrôles auront lieu pour vérifier que le masque est bien porté là où il est obligatoire, et s’il faut réprimer nous le ferons (avec à la clé une amende allant jusqu’à 135 € N.D.L.R).

Quelle autre priorité vous tient à coeur ?
J’attache beaucoup de prix à la lutte contre les violences intra-familiales. J’entends déployer un nouveau dispositif, une nouvelle unité spécialisée chargée de ce type de contentieux depuis le dépôt de plainte jusqu’à l’accompagnement des victimes.

Verra-t-on davantage de gendarmes sur les routes du Jura ou dans l’espace public ?
Beaucoup d’accidents ont impliqué des deux roues, leurs conducteurs nécessitent une sensibilisation particulière. J’attache beaucoup de prix également à la fonction contact des gendarmes. Auparavant, le gendarme était un rédacteur de procédures. Désormais il doit être sur le terrain et être vu, une manière de prévenir la délinquance.

Comment combattez-vous la délinquance 3.0 ?
Pour prévenir ces cyber-malveillances, nous pouvons proposer (gratuitement) des mesures actives et passives à destination des collectivités, mais aussi des entreprises ou des commerçants-artisans. Grâce à notre page Facebook -très suivie- nous disposons aussi de leviers pour expliquer ce qu’il convient de faire ou pas pour ne pas se faire “avoir”. Enfin, nous disposons d’une cellule de lutte contre les cyber-menaces.

Derrière les galons, quels sont les violons d’Ingres de l’homme ?
A 45 ans, ma femme et mes trois enfants constituent le centre de tout. J’affectionne toutefois les livres de géopolitique, qui permettent d’élargir la vision au delà d’un territoire. J’aime également beaucoup l’histoire, en particulier celle de la seconde guerre mondiale, et à l’inverse les nouvelles technologies. Enfin, j’ai un petit faible pour les mets confectionnés à partir de fromages, comme le Comté et le Morbier. Une appétence encouragée par mes origines savoyardes (sourire).

Recueilli par Stéphane Hovaere.