L’invité de la semaine : Jean-Philippe Allenbach

Rencontre avec le président du Mouvement Franche-Comté, entre bilan 2020 et orientations pour 2021.

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Jean-Philippe Allenbach.

Jean-Philippe Allenbach, vous êtes le président du Mouvement Franche-Comté. Pouvez-vous résumer quelle est la ligne politique de votre courant régionaliste et autonomiste franc-comtois ?

Le MFC n’est pas un parti politique car il n’a pas pour vocation de participer aux élections ni de défendre une idéologie. Son ADN, c’est la défense d’un territoire : la Franche-Comté.

C’est pourquoi il a toujours lutté contre l’annexion de la Franche-Comté par la Bourgogne. Et c’est bien une « annexion » puisqu’on ne nous a pas demandé, ni à nos élus, notre avis. En outre, les Bourguignons auront toujours la majorité au conseil régional. Enfin, nous n’avons plus d’élus, ni de gouvernement, ni de budget… ni même de drapeau. Ne nous reste plus guère, pour marquer notre identité, que la cancoillotte. Quant aux économies annoncées, on ne les a jamais vues, la fusion est même devenue un fiasco financier.

Bref, le « Fusion piège à cons ! » affiché à notre local depuis 5 ans est plus actuel que jamais !

Vous dénoncez fréquemment (et certains événements récents vous donnent plutôt raison) le « vieux système centraliste » qui plombe notre région, mais aussi notre pays. Selon vous, pourquoi et comment en sommes-nous là ?

Notre vieux système centraliste ne marche plus : régression sociale, oppression fiscale, gaspillage d’argent public, infantilisation des citoyens et irresponsabilité généralisée… voilà ses résultats ! Sans oublier le monstre administratif qu’il a sécrété et qui est très largement responsable de notre lenteur de réaction face au COVID.

Et si le système ne change pas, c’est que les décideurs en sont les profiteurs ! Il n’y a aucune volonté, ni au sommet de l’État, ni dans les partis politiques, de vouloir vraiment changer les choses. À quoi s’ajoute la résistance d’une large partie de la population française dès qu’on lui parle de réforme structurelle.

Concrètement, que proposez-vous comme alternative ?

Nous avons un « problème de couple » avec notre partenaire l’État. Il ne nous écoute pas, ne nous respecte pas, décide tout seul de tout et gaspille l’argent du ménage… Tout ça pour des résultats peu enviables. Et comme il n’a pas l’intention de changer de comportement, on peut se demander si nous n’aurions pas plutôt intérêt à reprendre notre liberté.

Ce qu’il faut, c’est l’application du « principe de subsidiarité » En clair : ne jamais faire à plusieurs ce qu’on peut très bien faire tout seul. Principe de bonne gestion non appliqué pour la fusion puisque tout désormais se décide à deux. Pourquoi, par exemple, avons-nous besoin de l’avis des Bourguignons en ce qui concerne la montagne ou les relations avec la Suisse ou les frontaliers, alors qu’ils ne savent pas ce que c’est puisqu’ils n’en ont jamais eu ?

Pour le MFC, le mot d’ordre est maintenant: « L’autonomie, sinon l’indépendance ! ».

Comment comptez-vous vous y prendre pour demander, comme vous prévoyez de le faire en cette année 2021, le divorce de la grande région avec la Bourgogne « pour en finir avec cette annexion imposée par Paris » ?

La sécession est à portée de main puisqu’il suffirait que les Francs-Comtois demandent par référendum qu’on leur rende leur région. Ce que la loi a fait, un référendum peut le défaire. Ce ne serait d’ailleurs là que se mettre en conformité avec les traités européens, puisque le Conseil de l’Europe a condamné la France pour ne pas avoir consulté les habitants des régions. La Franche-Comté n’appartient pas aux politiques mais à ses habitants, c’est donc à eux de décider de leur avenir.

Pour la Franche-Comté, il n’y a guère de synergies économiques possibles avec la Bourgogne. Il y en a surtout avec l’Alsace, la Suisse et l’Allemagne.

Avec l’autonomie, la Franche-Comté pourra alors engager librement toutes les coopérations économiques, universitaires, financières, touristiques et culturelles qu’elle souhaite. Plus besoin de devoir « traîner le boulet » de la Bourgogne. Nous n’aurons plus à payer pour les dettes de la Bourgogne ni pour des investissements qui ne profitent qu’à elle, ni à participer à l’explosion des dépenses de fonctionnement provoquée par la fusion. Et nous retrouverons notre identité historique aujourd’hui complètement bafouée !

Quel bilan tirez-vous de cette annus horribilis 2020, et quelles seront vos principales actions en 2021 ?

L’annus horribilis 2020 est un autre exemple, cette fois sur le plan sanitaire, des dégâts causés par le système jacobin où tout est géré d’en haut par de hauts fonctionnaires, imbus de leur personne et déconnectés des réalités avec l’appui d’une administration aussi inerte que pléthorique. Or les Francs-Comtois n’ont pas l’intention de mourir pour que puisse vivre un tel système incapable, notamment, de les protéger efficacement sur le plan sanitaire.

Le temps est venu de se demander si ce ne serait pas mieux pour nous d’être indépendants. Aucun débat n’est tabou. Nous venons d’ailleurs de créer un « Comité d’études sur l’indépendance de la Franche-Comté » chargé d’étudier les avantages et inconvénients d’une telle hypothèse.

Qu’ambitionnez-vous, pour vous et votre mouvement, lors des prochaines échéances électorales ?

Nous chercherons à mettre au centre du débat des régionales la question d’un référendum demandant aux Francs-Comtois, si, après 5 ans de « mariage forcé », ils souhaitent continuer ? Stop ou encore ?

L’élection sera des plus serrées. Le MFC y aura donc toute sa place, et il présentera lui-même sa liste si aucun des autres candidats ne propose de référendum.

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