L’invité de la semaine : Jean-Claude Nevers

Rencontre avec l'auteur jurassien d'un ouvrage prometteur : "2020 année zéro".

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Jean-Claude Nevers.

Jean-Claude Nevers, vous venez de publier, via les éditions Vérone, un ouvrage regroupant maintes réflexions sur la crise sanitaire et intitulé « 2020 année zéro ». Pourquoi et comment l’écriture de ce livre s’est-elle imposée à vous ?
Dès le début de la crise, conscient que la société du 21ème siècle, est une société du mensonge et de l’arnaque, j’ai voulu, par une analyse approfondie, chercher le vrai du faux. En écoutant les officiels tout comme les contradicteurs, j’ai compris tout de suite que nous étions bien avec cette crise sanitaire dans la ligne de conduite de cette société du 21ème siècle. N’oublions pas que le premier gros mensonge de ce siècle a été le passage en l’an 2000 avec les ordinateurs. Pourquoi année Zéro ? Tout simplement parce que il a fallu ce virus pour mettre en évidence tous les défauts de la société actuelle. Pour moi, c’est un point de départ des années à venir. J’ai donc voulu mettre en évidence cette réalité à travers cet ouvrage

Durant les 18 mois qui viennent de s’écouler bon nombre de défaillances, d’atermoiements, d’incompétences et autres cacophonies contradictoires ont pu être observées de la part de nos dirigeants, qu’il s’agisse du port du masque pour le grand public, de la fourniture d’équipements de protections pour les soignants, en passant par certains confinements arbitraires et autres tergiversations de toutes sortes… Quel regard portez-vous sur leur action globale ?
De nos jours nous sommes obligés de constater que plus personne n’assure, ni n’assume sa ou ses fonctions et ses responsabilités, donc vous avez des politiques qui font des « one man shows », des scientifiques qui font de la politique, des médias qui ne sont que des petits soldats de ce que l’on veut vous faire entendre, des enseignants qui doivent remplacer les parents, etc…
Ne soyons donc pas surpris de ce cafouillage d’autant plus et surtout que nous sommes en présence d’irresponsables. Le maître mot de nos jours c’est « je ne suis pas responsable », c’est de la faute aux autres.

Depuis la fin de l’écriture de votre ouvrage de nouvelles données sont apparues. Notamment la mise en place du « Pass sanitaire » qui divise aujourd’hui considérablement l’opinion publique. Qu’en pensez-vous ?
Dès le départ, les dirigeants ont instauré une politique de la peur et de la culpabilité, ce qui est pour moi très grave. Le Pass Sanitaire n’est qu’un outil supplémentaire de la gestion de cette crise. Culpabiliser l’autre pour ne pas être responsable. Et le pire, donner du pouvoir à des petits chefs qui vont pouvoir faire preuve d’autorité. Nos dirigeants l’on parfaitement compris. Ils confondent liberté et existence. Ce qui va parfaitement avec ce nouveau monde programmé que l’on veut nous faire adopter par tous les moyens.

Vous écrivez : « Toutes les failles de notre société arrogante ont été mises au jour par l’arrivée de ce virus » et vous vous dites « convaincu que le monde doit absolument changer ». Alors par quoi commencer et comment s’y prendre ?
En fait, nous sommes dans une société totalement déstructurée. Si nous voulons retrouver un monde équilibré nous devons commencer par retrouver les valeurs indispensables et incontournables d’une société. Cela veut dire, les bonnes personnes responsables à la bonne place en respectant des règles et que tous nous acceptions les limites. Je vais citer le Dalaï lama qui dit : Suivez les trois R ; Le Respect de soi, Le Respect des autres. La Responsabilité de toutes vos actions. En clair, notre société doit se restructurer et retrouver du Bon sens, en appliquant les règles fondamentales d’une société humaine. Ce qu’a su préserver le monde animal.

Vous l’évoquez dans votre ouvrage. A votre avis, pourquoi notre civilisation refuse-t-elle le bon sens et la logique de la nature ?
L’humanité est en permanence dans la quête de comprendre, d’où l’on vient réellement, le début de la création. Dans cette quête, il y a de la peur et donc n’acceptant pas ou plus le mystère de la vie, elle a cru qu’en dominant et contrôlant la nature, elle pourrait s’affranchir de ses peurs. D’où ses décisions d’éradiquer certaines espèces végétales et animales. Elle pense que les nouvelles technologies aidant et cette stupide idée d’intelligence artificielle, lui permettraient d’aseptiser et de formater le monde en l’uniformisant. La crise sanitaire vient de nous démontrer que nous faisions totalement fausse route. Seront nous en tirer les leçons ? J’en doute. Ce qui fait la beauté et la richesse de la nature, justement, c’est sa diversité.

En tant que maire de Montfleur, vous êtes aussi un élu attaché à la ruralité. De votre point de vue d’élu de terrain, comment redonner vie à nos villages ?
Faut-il encore que l’on veuille bien nous permettre de le faire. Malheureusement, le formatage est très présent là aussi. Il suffit de regarder la structure administrative de nos territoires. Comme je l’ai écrit dans un autre ouvrage, les villages ont vu leur mort programmée dès la création des communautés de communes. C’est d’autant plus vrai quand on fait en sorte que l’initiative personnelle n’est plus permise, sans oublier le mépris des autorités du fait d’être un petit village. Dès l’instant où il a été décidé pour vous ce à quoi vous avez droit ou pas, il vous reste deux possibilités vous laisser mourir ou faire de la résistance pour imposer vos idées. Et je suis bien placé pour en parler.

Les élections présidentielles s’annoncent d’ici six mois. Une profonde mutation semble s’engager. Comment envisagez-vous l’avenir ?
L’avenir ? Je le vois très mal engagé. De toute façon quel que soit le gagnant ou la gagnante à cette élection, il y aura des bouleversements que nous ne pourrons pas éviter et qui ne seront pas du fait des choix politiques. Que nous continuions dans une société formatée, connectée, absente de bon sens, d’humilité, de respect, de règles ou l’inverse, nous allons devoir accepter la transformation de la société du 21ème siècle. Nous avons malheureusement atteint le point de non-retour qui a été la cause de la fin de toutes les civilisations passées. Surexploitation, désordre commercial, domination des dirigeants et en plus nous être soustrait de la nature.

Année Zéro Réflexions sur une crise sanitaire
Éditions Vérone
Prix : 12 euros.

Jean-Claude Nevers.

Année Zéro Réflexions sur une crise sanitaire
Éditions Vérone
Prix : 12 euros.