L’invité de la semaine : Francis Carrier

Coordinateur de la fédération française des motards en colère (FFMC) du Jura, il revient sur des changements qui suscitent le débat : 80 km/h, radars, loi « anti-casseurs », etc. Car les motards veillent aussi à la démocratie sur les routes pour les quatre roues…

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Francis Carrier, passionné de moto et épris de liberté.

Francis Carrier, qui êtes vous et combien de motards représentez-vous ?
J’ai 54 ans, je suis marié et papa de trois enfants (tous motards).  Il est difficile de savoir le nombre exact de motards, entre 3500 et 4500 pour le Jura. La FFMC 39 comptait fin décembre 2018 deux cents adhérents, nous espérons dépasser ce chiffre fin 2019.

Que prône votre association ?
La FFMC se focalise sur ses actions de sensibilisation relatives à l’état des routes, à l’amélioration des infrastructures péri-routières, à la prise en compte des deux roues par les autres usagers, à la formation des usagers de la route, etc.
L’infléchissement de toutes les courbes de l’accidentalité ne peut passer que par ces initiatives constructives.

Que pense la FFMC 39 de la répression croissante sur les routes, opérée par les gouvernements successifs, pour des raisons de sécurité ?
La FFMC déplore le nombre de morts sur les routes, mais nous dénonçons une répression excessive et automatisée.
Pour ne citer que les principales décisions liberticides : les ZFE (zone à faible émission de CO² excluant de fait les motos), la réduction non justifiée de la limitation de vitesse, la modification de la plaque d’immatriculation (plus grande), les voitures avec radar embarqué (de surcroît privatisées !)…
Bref, nous voulons pouvoir circuler partout en toute liberté et sécurité, sans pour autant être toujours sur le qui-vive.

Le passage au 80 km/h pourrait-il être amendé par des aménagements locaux ?
Ce décret ministériel a été mis en vigueur sur la simple appréciation personnelle du 1er ministre, sans consultation des institutions dirigeantes de notre pays, et sans consultation du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR). Cette mesure est bien plus rentière que routière : le gouvernement voulait tellement dire que le 80km/h était bénéfique, qu’il n’a pas hésité à mentir lors de la présentation des chiffres (en occultant sciemment les accidents et les tués de l’Outre-mer).
Nous demandons le retrait pur et simple de ce décret inique : les aménagements locaux ne feraient que rajouter de la confusion aux usagers de la  route, qui passent déjà trop de temps à surveiller leur compteur plutôt que la route…

Que proposez-vous pour améliorer la voirie ?
Un réseau routier mal adapté et mal entretenu est inéluctablement source d’accidents. Nous demandons, entre autres : le doublage des barrières de sécurité, un gravillonnage moins systématique mais également mieux suivi et signalé, un nettoyage régulier des chaussées, la reprise des trous et des fissures, etc.
Ceci à l’inverse d’Emmanuel Barbe (le délégué interministériel à la Sécurité routière, promoteur du 80 km/h NDLR) qui préconise la non-réfection des infrastructures dangereuses, au motif qu’elles font ralentir les usagers. Quel paradoxe !

La loi dite “anti-casseurs” impactera-t-elle les motards, du fait qu’elle interdit de dissimuler son visage lors de manifestations ?
Lors de manifestations, les motards devraient à priori échapper aux sanctions car le casque est l’un de leurs équipements obligatoires. Toutefois, qu’en sera-t-il si un motard venait à descendre de sa moto et restait casqué : sera-t-il verbalisé, voire mis en garde-à-vue ?  Que devient la démocratie, où vont s’arrêter les décisions despotiques ?

Contact : www.ffm39.fr
Réunion les derniers vendredis de chaque mois, au siège (5, avenue Jean Moulin à Lons-le-Saunier).