L’invité de la semaine : Elie Sclafer

Après 11 % d'augmentation l'an dernier, le président des hôtels Logis de France Jura (par ailleurs patron du Bois gourmand à Champagnole, du Moulin des truites bleues à Fort du Plasne, et de l'hôtel des deux forts à Salins) s'attend à nouveau à un bel été. Ceci malgré d'importants freins, comme par exemple la désertification de la main d’œuvre.

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Elie Sclafer, président des Logis de France, affiche un bilan positif.

Elie Sclafer, que représente le réseau Logis de France dans le Jura ?
Quarante-trois hôtels-restaurants et plus de 800 chambres axés sur plusieurs valeurs : cuisine d’inspiration régionale, qualité de confort moderne, accueil chaleureux et personnalisé, conseils pour découvrir la région, etc.

Quel est le bilan anticipé pour cet été 2019 ?
Nous avons très bien travaillé en 2018, avec une augmentation d’activité d’environ 11 % (alors que l’hôtellerie en général a perdu 3,5%). Nous partons sur les mêmes bases (ou un tout petit peu à la baisse) sachant que la météo joue énormément (la pluie vidant les hôtels). Les clients ne font plus de réservations à l’avance, ou de longue durée. Beaucoup réservent pour un ou deux jours, et prolongent leur séjour en fonction de la météo, du territoire à découvrir, etc…

Beaucoup de clients réservent désormais via des plateformes sur internet. Est-ce l’assurance d’une bonne affaire ?
Booking, Expedia, Hotels.com, etc. apportent entre 5 et 10% d’affaires, et permettent de faire grimper le taux de remplissage de 2, 3, ou 5 %. On dit parfois qu’en dehors d’eux, il n’y a point de salut, mais personne n’est obligé de signer avec eux. D’autant plus que les hôteliers ont le droit (depuis la loi Macron sur la parité tarifaire) de vendre des chambres moins chères que les plateformes (qui prennent jusqu’à 15% de commission). Le meilleur tarif se trouve donc en direct chez l’hôtelier.

Du fait de la concurrence exacerbée d’autres plateformes (Abritel, Airbnb, etc.), y a t-il trop d’hôtels dans le Jura ?
Cela représente il est vrai, une concurrence terrible. Dans une ville comme Salins-les-Bains par exemple, les hôtels peinent à se remplir du fait d’un nombre pléthorique d’Air bnb, de chambres d’hôtes, etc. Mais le Jura ne connait pas de saturation, car beaucoup d’hôtels-restaurants situés dans des petites villes ou des villages, ont fermé ces dernières années.

Pourquoi une telle épidémie ?
En 10 ans, nous avons subi des obligations de mise aux normes coûteuses : sécurité incendie, accès aux personnes à mobilité réduite, etc. Beaucoup hôteliers restaurateurs ont du fermer, ou n’ont pas pu transmettre leur établissement.

Le manque de personnel ne constitue-t-il pas aussi un écueil incommensurable ?
Il est impossible d’en trouver, que ce soit dans l’hôtellerie ou la restauration. Pour ma part, je suis obligé de fermer deux jours par semaine par manque de main d’œuvre, mais beaucoup d’employeurs sont presque otages de leur personnel. La masse salariale a augmenté de 15% en 4 ans, mais l’argent ne motive plus les jeunes ; ils aspirent à une certaine qualité de vie. La tendance consiste donc à aller chercher du personnel hors France (par exemple en Roumanie), malgré la barrière de la langue.

Dans ce contexte, quels sont les secrets de la réussite des Logis de France ?
Investir dans les chambres et dans les extérieurs pour que le client soit aussi bien ou mieux que chez lui : si on n’investit pas, on est mort ! Les logis de France ont également restauré leur aura grâce à un nouveau classement (en “ambiances”), une carte de fidélité performante, et un nouveau système de réservation, plus simple et moins onéreux, mis en place dès septembre.

Contact : www.logishotels.com