L’invité de la semaine : David Philot

Tour d'horizon des principaux dossiers chauds du moment, avec le nouveau préfet du Jura.

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David Philot comprend les commerçants qui "veulent travailler, et non percevoir des aides".

David Philot, d’où venez-vous ?
J’ai travaillé au ministère de la Cohésion des territoires, à la direction des collectivités territoriales, avant d’être directeur de cabinet de Jacques Mézard. J’ai également été secrétaire général de la préfecture de Vendée, et sous-préfet de l’Essonne. Je suis périgourdin et comprends l’attachement que l’on peut avoir à un terroir. Je souhaite être proche des gens, des entreprises, des acteurs socio-économiques, donc être dehors, sur le terrain et le moins possible dans mon bureau.

Vous arrivez dans un contexte très particulier, comment le ressentez-vous ?
J’aborde ce poste avec confiance et je veux également faire passer un message de confiance : les forces vives n’ont pas disparu, le territoire pourra ré-accélérer après la crise. L’économie, c’est aussi de la confiance… Le Jura est connu pour la force de ses acteurs, nombreux, pluriels, agiles. Une situation illustrée par son quasi-plein emploi avant la crise, faisant de lui un des départements les plus dynamiques de la région Bourgogne Franche-Comté. En étant sérieux sur la gestion du Covid, nous pourrons redevenir les meilleurs économiquement.

Justement, à quelle sauce “covidienne” serons-nous accommodés ?
Ce qui est évident, c’est qu’il faut contenir l’épidémie de Covid : une priorité car les indicateurs se dégradent vraiment tous les jours. Le taux d’incidence est passé de 7 pour 100.000 à 15 pour 100.000 en 3 semaines, et le taux de tests positifs de 1% à environ 2% avec un nombre de contrôles équivalent (chiffres au 24 août 2020, N.D.L.R.).
Ce n’est donc pas l’augmentation du nombre de tests qui fausse ces chiffres…
600 cas contacts ont été identifiés au total depuis le 11 mai 2020 dans le Jura (personnes ayant été en contact avec un malade du Covid, N.D.L.R.). La maitrise de l’épidémie conditionne tout le reste.

Notre département rural comprend nombre d’exploitations agricoles, connaissez vous ce milieu ?
J’ai un penchant pour l’agriculture. J’ai des racines dans le monde agricole des deux côtés de ma famille, et suis étonné par les critiques injustes et souvent exagérées formulées vis-à-vis des agriculteurs par des personnes qui souvent n’y connaissent rien. Outre l’observatoire de l’agribashing, il faut engager des poursuites si par exemple des dégradations ont lieu, et il serait bon de redécouvrir nos campagnes. Cela reste un métier difficile où il y a de la souffrance, et de la solitude parfois.

Que pensez-vous des circuits courts ?
Si l’on veut bien manger, on peut manger local, le Covid nous a apporté cet enseignement. Comment d’ailleurs se ravitailler à l’étranger en période de pandémie ? Comme dans le territoire de Belfort, je demanderai que les produits achetés par la préfecture soient des produits locaux.

Et pour l’industrie ou le tertiaire ?
Il faut poursuivre notre soutien aux entreprises, un soutien individualisé et sectoriel (tourisme, aéronautique, automobile, etc.), en lien avec le plan de relance dévoilé par le gouvernement. Je n’attends pas de vague massive de licenciements dans le Jura, mais il peut y avoir des difficultés ponctuelles.

Dans un contexte inédit, comment appréhendez-vous la rentrée des classes ?
Le ministère de l’éducation nationale a adressé un protocole sanitaire à chaque établissement pour assurer pleinement la rentrée des classes. Je dis aux parents : mettez vos enfants à l’école, assurez leur avenir. Il ne faut pas qu’il y ait une “génération Covid”.

Recueilli par Stéphane Hovaere.