L’invité de la semaine : Claude Vanony

A 84 ans, et avec une carrière de 67 ans digne d’un Bourvil, le sémillant vosgien revient à Lons le Saunier Juraparc pour un one-man show désopilant le 6 octobre. Rencontre avec un personnage attachant, tant sur scène qu’en dehors.

41
Bon pied, bon oeil : à 84 ans, Claude Vanony n'a rien perdu de son humour.

Claude Vanony, comment vous présenter ?
Je suis né à Gérardmer (Vosges) en 1935 dans une famille modeste : mon père était plombier-chauffagiste mais passionné de théâtre, tout comme mon frère. J’ai l’impression qu’on reçoit ça (la passion de la scène N.D.L.R.) en venant au monde.

Vous débordez d’énergie et de pep’s, quel est votre secret de jouvence ?
J’ai toujours été sportif et j’ai exercé de nombreux métiers dans ce domaine : moniteur de ski alpin, maitre nageur sauveteur, professeur de voile, de canoë, d’escalade, etc. Je pratique encore le ski alpin, la natation, je fais du vélo tous les jours avec une bonne hygiène de vie, sans fumer ou picoler. Mais mon principal mérite, je le dois à ma maman qui a toujours été très vaillante : à 90 ans, on lui en donnait 20 de moins !

Comment êtes vous venu à la scène, ou comment est-elle venue à vous ?
J’ai toujours voulu faire du théâtre, depuis les années 60. Mon personnage (la caricature d’un vieux garçon vosgien vivant au début du XXe siècle avec sa mère, dans une ferme un peu paumée) est né dans un groupe (« Les ménestrels de Gérardmer ») folklorique à plus d’un titre, puisqu’on filait la laine ou on sciait du bois sur scène pour raconter les Vosges des années 1900. Je jouais déjà mon personnage (affublé d’un gilet en peau de vache, de sabots de bois, et d’un pantalon de velours trop grand ne tenant que par des bretelles N.D.L.R.) à travers 3 ou 4 sketches : enregistrés sur un 45 tours, ce dernier s’est vendu comme des petits pains.

Vous avez connu un grand succès, quels ont été les plus beaux moments ?
J’ai été recordman des ventes de disques 33 tours (deux disques d’or), devant d’autres humoristes prestigieux et que j’admirais beaucoup : Fernand Raynaud, Devos, Bedos, etc. Et il y a eu plusieurs passages à L’Olympia, dont le dernier en 2012.

Après 64 ans de scène (commencée en 1977), pourquoi vous fait-elle encore vibrer ?
Il y a un truc qui se passe avec le public, qui continue à me vouloir : même si certains connaissent mes sketches par cœur, ils les font toujours rire ! S’il n’y avait pas les contraintes techniques, ma place serait dans la salle, au milieu des spectateurs.
L’autre plaisir, c’est de pouvoir improviser. Y compris quand le chapiteau s’écroule sur le public ou que des projecteurs tombent (c’est déjà arrivé !).

Quelle promesse faites-vous au public qui viendra vous applaudir à Lons ?
Ils auront droit aux « best-sellers », comme « Le baptême de l’air de ma mère » ou « Les parisiens à la neige ». Quand on vient me voir, on oublie ses soucis et on se marre. Celui qui ne décroche pas un rire pendant les deux heures de spectacle, je lui rembourse sa place ! (rire). Un rire né d’un décalage (confinant à la mise en abyme) entre notre société moderne et le monde montagnard d’avant. Je serai aussi accompagné du chanteur et guitariste Dominique Walter, un fidèle ami qui à travers les chansons de sa composition, évoquera aussi les Vosges d’antan.

Propos recueillis par Stéphane Hovaere

Claude Vanony, le dimanche 6 octobre à 16 h à Lons-le-Saunier Juraparc. Billetterie sur internet, Hyper U, Géant Casino et office du tourisme.
Tarif : entre 30 et 35 €.