L’invité de la semaine : Christophe Journet

Champion de cani-cross, une discipline extrêmement populaire dans les pays nordiques mais méconnue en France, le Clairvalien collectionne les podiums. 3e au championnat du monde en 2006 et multiple champion de France, il pourrait bientôt créer à nouveau la surprise… Rencontre.

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Le grand champion, qui vit toujours à 100 à l'heure, est surnommé "Le stakhanoviste du Jura".

Christophe Journet, comment vous présenter ?
J’ai 48 ans et j’habite Hautecour, à côté de Clairvaux-les-Lacs. J’y suis pompier volontaire au centre d’incendie et de secours, et je travaille à temps complet comme cuisinier à l’hôpital de Morez. J’ai commencé la course à pied vers 17 ans : je me suis engagé dans les commandos en Allemagne. Je n’avais pas le choix : 15 km tous les jours avec un sac à dos de 13 ou 15 kg !

Comment devient-on un champion de cross ?
J’ai remporté des courses militaires dès 17 ans, et mes supérieurs m’ont dit : « Tu as un super potentiel à développer ». J’ai ensuite quitté l’armée pour exercer en cuisine au Village Vacances de Lamoura pendant 7 ans et demi. J’y ai fait de belles rencontres : Christian Ginter (surnommé « La Légende » dans le milieu des courses extrêmes, en raison de ses 33 participations sans abandon au marathon des sables, NDLR), qui m’a encouragé. Et aussi Gérard Verguet, entraîneur de l’équipe de France de ski de fond. Puis j’ai fait de bonnes perf aux marathons de Paris et New-York (156e sur 65.000 participants en 2h38’) ou aux 6 heures d’Annecy (86 km non-stop).

Quels sont vos points forts ?
Un gros mental, forgé à l’armée : j’ai participé aux stages commando les plus durs de France -dont celui des Rousses- et en plus de 1500 compétitions je n’ai jamais abandonné une course. Sinon, le travail et la discipline : je m’entraine 6 jours sur 7, à raison de 1 à 2 h par entraînement. On m’appelle « Le stakhanoviste du Jura », car je cours presque tout le temps (sourire).

En quoi consiste le cani-cross, cette discipline méconnue en France ?
Il s’agit de courir tracté par son chien grâce à des baudriers et une longe élastique. J’ai la chance de posséder un Galster de 2 ans nommé Nordic : un croisement du chien le plus véloce et le plus puissant (le lévrier galgo et le braque allemand). Seuls six chiens de ce type existent au monde, une seule portée née pour la compétition.

Les résultats ont-ils été à la hauteur de vos espérances ?
On a tout gagné en 2019 à Beaune en coupe de France, alors que j’étais quasi-inconnu. Grâce à cet athlète à quatre pattes, on arrive à atteindre des performances étonnantes : 23 à 24 km/h de moyenne sur 5 km, soit 12’02’’. Avec mes précédents chiens, j’avais remporté 7 fois le championnat de France et terminé 3e au championnat du monde en Allemagne en 2006.

A 48 ans, quels espoirs nourrissez-vous ?
Je pense avoir au moins 5 belles années devant moi. A commencer par l’année 2020 avec le championnat de France en mars à Poitiers, et le championnat du monde en octobre en Bretagne. Je ferai tout pour arriver sur les plus hautes marches du podium…

Pourquoi n’êtes vous pas passé pro ?
Je n’aime pas trop me mettre en avant. D’ailleurs si je deviens un jour champion du monde, je resterai tel que je suis ! Et puis je ne veux pas succomber aux sirènes du dopage. J’ai vu des champions se piquer, je préfère pour ma part carburer au jus d’orange et aux céréales…

Réservez-vous une surprise aux Jurassiens ?
J’ai été contacté pour participer à une émission télévisée à très forte audience. Au départ, je croyais à une blague, et je leur ai raccroché au nez ! Je ne peux pas en dire plus, mais l’affaire suit son cours…

Comment vous aider à porter haut et fort les couleurs du Jura ?
Les compétitions n’étant pas très médiatisées en France, j’aurais besoin de collectivités et de sponsors pour me soutenir. Je n’ai pas encore bouclé mon budget pour cette année décisive, alors si jamais…

Propos recueillis par Stéphane Hovaere.
A suivre : 5e Trophée Jura’chien, du 21 au 24 mai à Vouglans/ Bellecin.
Contact : 06 86 89 40 56/ www.marathon39.skyrock.com