L’invité de la semaine : Christian Lagalice

Avec son franc-parler habituel et alors que la chasse vient d’ouvrir, le président des chasseurs du Jura évoque les sujets d’actualité. Notamment le record historique de prélèvement de sangliers (pas moins de 5551 l’an dernier), pour faire face à un record de dégâts sur les cultures.

85
Christian Lagalice, président de la fédération de chasse du Jura depuis 22 ans.

Christian Lagalice, pouvez-vous vous présenter à nos fidèles lecteurs ?
A 68 ans, je suis retraité de l’ Education nationale, Maire d’ Annoire, et président de la fédération des Chasseurs du Jura depuis 22 ans. Ma passion de la chasse remonte à mon enfance dans la campagne chaussinoise et à la proximité avec la nature. Cet attachement à la chasse fait aussi intégralement partie de la défense de notre ruralité, trop souvent mise à mal par les tenants d’une pensée unique à dominante urbaine, et marquée par un écologisme nourri des dessins animés de Walt Disney, tellement éloigné de nos réalités de terrain…

Comment se présente l’ouverture en fonction des différentes espèces ?
Le petit gibier – perdrix, faisans, lapins – est de moins en moins présent naturellement malgré quelques exceptions notables. Les modifications du milieu, les pratiques agricoles intensives, parfois une sur-fréquentation des milieux naturels par les engins motorisés l’expliquent en grande partie. Seul le lièvre voit ses effectifs remonter au fil des années, surtout dans les zones de plaine du nord du département.
Par contre, on n’a jamais vu autant de grands animaux – chevreuils, cerfs, chamois, sangliers – dans le Jura qu’aujourd’hui. On est ainsi passé en quelques années de 300 cerfs autorisés à être tirés, à plus de 700 aujourd’hui.
Les conditions météorologiques des dernières années, particulièrement les hivers doux, favorisent cette expansion du gros gibier.

Après une année record concernant les dégâts du gros gibier sur les cultures, qu’en est-il cette année ?
Les dégâts seront en baisse pour l’année cynégétique 2018-2019, de l’ordre de 350.000 € (chiffre à préciser) contre 470 000€ en 2017-2018. Ceci grâce à la pose de clôture de protection (plusieurs dizaines de milliers € d’investissement pour des centaines de kilomètres), la mise en place de cultures intermédiaires et l’utilisation de répulsifs biologiques. Mais le plus important a été la hausse des prélèvements de sangliers la dernière saison, avec 5551 animaux (+ environ 22%), record historique dans le Jura.

Combien de chasseurs compterez-vous pour l’ouverture ?
Autour de 8000, un chiffre stable malgré une légère érosion.  Le prix du permis national a baissé (sur proposition d’Emmanuel Macron N.D.L.R.), et beaucoup de chasseurs ont migré du permis départemental au national (de 10% à 50% environ en un an). Le chasseur sera donc plus mobile et cela favorisera le développement d’une forme de tourisme lié à la chasse.

Quels changements peut-on attendre dans le Jura ?
Des jurassiens adeptes du gibier d’eau peuvent ainsi vivre leur passion en Saône et Loire, qui compte davantage d’étangs que le Jura. A l’inverse, des chasseurs extérieurs pourraient venir dans le Jura, attirés par exemple par nos chamois.

Peut-on venir en forêt en toute sécurité ?
Notre schéma cynégétique prévoit la mise en place de panneaux d’information sur les voies ouvertes à la circulation et sur les itinéraires de randonnée les jours de battue possibles, c’est-à-dire le mercredi, le samedi et le dimanche. Nous sommes pour le partage de l’espace.

La Fédération initie-elle des animations grand public ?
Le dimanche 22 septembre, des animations nature seront organisées sur l’écopôle de Desnes. Des soirées « brame du cerf » vont être organisées (dates à préciser) de même qu’ «  Un dimanche à la chasse », qui permettra de partager une journée avec les chasseurs.

Plus d’informations : www.chasseurdujura.com

Propos recueillis par Stéphane Hovaere