L’invité de la semaine : Alain Chestier

Rencontre avec un auteur local, hors du commun.

1022

Alain Chestier, vous venez tout juste de sortir votre deuxième album, composé de 9 titres et intitulé «A la vie, à la mort». Qu’est-ce qui anime votre démarche ?
Le plaisir avant tout et l’envie de faire partager ma musique, les textes que nous écrivons avec mon épouse Véronique et les arrangements réalisés par Claude Mairet. Nous travaillons ensemble depuis plusieurs années – il me faut deux ans ou plus pour créer un album – et toujours avec le même enthousiasme, avec la même passion, que l’on espère communiquer le plus largement possible. Les consonances rock, blues, électro, de l’album devraient y contribuer.

Le support de l’album est étonnant puisqu’il s’agit d’une clef USB. Pourquoi ce choix ?
Le précédent avait été fait sur CD, mais l’expérience d’un nouveau support nous a tentés pour plusieurs raisons : d’une part, le lecteur CD semble devenir obsolète, dans la mesure où il n’équipe même plus les voitures récentes et certains ordinateurs; d’autre part, la clef USB est pratique, maniable et simple d’utilisation; enfin et surtout, elle permet d’écouter et de regarder une vidéo, ce qui est le cas pour le clip qui illustre la dernière chanson de l’album.

En relisant les textes, on sent un certain nombre de questions existentielles qui affleurent sous la plume des auteurs…
Heureusement qu’elles marquent leur permanence !
On ne devrait pas parler et encore moins chanter pour ne rien dire. Or de quoi peut-on parler au quotidien si ce n’est de la vie, de l’amour et de la mort ?
Je ne connais pas d’autres sujets qui méritent d’être cités. L’album s’intitule «A la vie, à la mort» parce que justement il reprend la formule typique, sempiternelle, des serments.
Ces serments que les enfants, les adolescents et aussi les adultes font face au temps qui passe; mais il ne faut pas oublier que la pierre angulaire de ces serments, ce qui les scelle à tout jamais, c’est l’amour.
Cela dit, si quelques titres font référence à l’idée de la mort, pour honorer un être cher (Hastaluego), pour la conjurer ironiquement (Tête à tête de mort ) ou poétiquement (Le vampire malaimé), l’ensemble de l’album – loin d’être pessimiste- célèbre les vertus de l’humour, la force de l’espoir (Y croire encore) et le pouvoir de l’amour (Après-demain, Les temps sont durs, Filinvisible).

Comment, selon vous, appréhender l’issue de notre existence sans que cela nous obsède ou du moins parasite notre vie quotidienne ?
C’est difficile à dire et, sans doute, plus difficile encore à réaliser. Cela dépend de notre âge, de notre entourage, de notre santé physique et morale, de notre façon d’être au monde… En fait, cela dépend aussi un peu de l’humeur du moment !
Ce qui est sûr, et on le sait tous, même si notre époque tend à occulter le sujet, c’est que la vie est une histoire qui finira mal…
A partir de là, il faut faire avec et tenter de vivre un heureux équilibre entre ne pas y penser et trop y penser. A chacun sa méthode, mais il me semble que celle qui a fait ses preuves consiste à profiter, autant que possible, de l’existence et des êtres, sans oublier, bien sûr, de garder une attitude rock’n’roll. Comme le suggère la première chanson de l’album ( Il y a du rock’ n’ roll dans l’air ), ce qu’il reste de la vie c’est souvent «un goût de paradis avec une pointe, un zeste d’enfer», ce qui me paraît assez révélateur de l’esprit de l’album.

Et maintenant, quels sont vos projets ?
Ils sont multiples. En premier lieu, nous allons nous attacher à la promotion de l’album par différents biais.
Par ailleurs, nous travaillons sur deux projets théâtraux dont on espère voir la réalisation se concrétiser au cours de l’année 2020.
Enfin, des cycles de conférences sont prévus pour les deux années qui viennent et un recueil de poésies devrait aussi voir le jour. Pour le reste, nous faisons confiance, selon la formule d’André Breton, «au vent de l’éventuel».

Séance de dédicaces et rencontre organisée à la Fnac de Dole, ce samedi 21 décembre de 14h à 18h.