L’ex-PDG du groupe Smoby enfin jugé

Jean-Christophe Breuil avait entrainé la chute du fleuron jurassien de l’industrie du jouet. Avec 800 suppressions d’emplois en France selon la CGT, dont un bon nombre dans le haut-Jura.

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L'usine abrite un "tapis roulant" de 400 mètres de long, le plus long de France.

Par un communiqué, la CGT du Jura s’est félicitée de l’ouverture du procès de Jean-Christophe Breuil, ancien PDG du groupe Smoby. Selon elle : « En 1995, lorsqu’il a repris le groupe après son grand-père, fondateur, il a rapidement eu la folie des grandeurs : rachat de plusieurs autres entités (Majorette, Solido, Berchet…), délocalisations de production, etc. En 2006, nous avons eu connaissance de possibles malversations financières : comptes dans des paradis fiscaux, transfert financiers importants entre les filiales du groupe en France et des comptes à l’étranger, etc. Les années qui ont suivi ont vu la dégringolade du Groupe Smoby, étranglé financièrement par ces prélèvements financiers d’une part, et par une mauvaise gestion d’autre part. La conséquence a surtout été sociale : près de 800 suppressions d’emplois sur l’ensemble des filiales française, pour un total à l’époque de 1200 salariés. Lors du rachat par un groupe industriel allemand qui a permis de maintenir le groupe Smoby, désormais Smoby toys, il n’y avait plus que 450 salariés dans notre région ».
Selon François Saint-Pierre, avocat lyonnais de Jean-Christophe Breuil, « ce dernier (qui vit entre Lyon et Hong-Kong NDLR) sera bien présent à l’audience à Nancy dans un esprit très coopératif, et s’expliquera à la fois sur les faits, et sur le coût social » qui lui sont reprochés. L’avocat souligne l’importance de cette audience qui durera 15 jours : « 7 prévenus, 16 chefs d’inculpation…et 11 années de procédure » !
Tout a été regroupé, ce qui peut expliquer un délai aussi déraisonnable. Mais les victimes n’ont pas oublié et la CGT -qui s’est constituée partie civile- est présente au tribunal de Nancy depuis l’ouverture du procès le 30 septembre.
le procureur a requis 4 ans de prison à l’encontre de Jean-Christophe Breuil, dont 3 ans et demi avec sursis. Ce dernier ayant déjà effectué 6 mois de prison préventive, la case “retour en prison” serait donc exclue.