Les volailles aussi…dans la crainte du virus

Après l’épidémie survenue dans le Sud-Ouest, les exploitations de poulets de Bresse s’entourent de précautions. L’occasion de faire un point sur la filière avec Rachel Roussel-Voisard à Chapelle-Voland.

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Rachel Roussel-Voisard 6.000 Gauloises blanches par an "seulement" : la qualité avant la quantité.

Quelques fermes isolées au fin fond de la Bresse. Un air du bout du monde où la Covid et les psychoses virales semblent être déplacées, pour ne pas dire incongrues.
Erreur ! Il faut en effet montrer patte blanche pour entrer dans l’exploitation de Rachel Roussel-Voisard, située à Chapelle-Voland : protection sur les chaussures, bain désinfectant dans un pédiluve. Il faut dire qu’à l’autre bout de la France des volatiles ont été abattus par centaines de milliers pour contenir une autre épidémie galopante, celle de la grippe aviaire (virus H5N1 et H5N8). D’après l’exploitante qui produit 6.000 poulets de Bresse par an, « on n’a pas tiré les leçons de l’histoire, car la grippe aviaire avait déjà sévi en 2016, 2017, et 2018 ».
Un cahier des charges très strict s’applique toutefois aux exploitations avec « plus de 60 points à respecter » selon la Bressane, comme par exemple la visite d’un vétérinaire. Lors d’une visite officielle, le secrétaire général de la préfecture du Jura, Justin Babillote, s’est intéressé entre autres aux répercussions de la crise économico-sanitaire sur la filière « Poulet de Bresse ».
Rachel Roussel-Voisard aurait pu être sévèrement impactée, car elle a expliqué vendre auparavant « 66% de sa production aux restaurateurs, en particulier locaux ». Parmi eux de grands chefs étoilés, et une reconnaissance de la qualité du travail accompli, attestée également par de nombreuses distinctions dont celle du Grand prix d’honneur chapon remporté aux fameuses « Glorieuses de Bresse » en 2007. Une aura qui lui a peut-être permis de rebondir : « Je me suis inscrite sur la plateforme J’veux du local’ (site recensant producteurs et marchés locaux N.D.L.R.), j’ai pour la première fois vendu sur un marché, etc. ». Et malgré le poids imposant de ses chapons (qui peuvent nourrir près de 10 personnes), « j’ai manqué de chapons pour les repas de fêtes, comme chaque année » confie-t-elle. La preuve que le 100% local (Rachel Voisard assurant même la coup de grâce de ses bêtes grâce à l’abattoir certifié CE sans doute « le plus petit d’Europe ») peut sans doute tirer parti de cette période difficile…

 

L’exploitation à été visitée par Justin Babillote, secrétaire général de la préfecture et Jean-Louis Maïtre, président de la Communauté de communes Bresse Haute-Seille (de g. à d.).