Les vénéneux lactaires sanguins de retour

Le conseil communautaire Champagnole Nozeroy Jura (CCCNJ) de mars a aussi évoqué ce dossier éminemment sensible. La création d’une filière agro alimentaire sera à l’étude…ce qui ne sera pas le cas de la route des sapins, quelque peu délaissée.

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L'objet du trafic international : des milliers de tonnes de champignons vendus à bon prix en Espagne.

Bien que l’automne soit loin, les razzias massives et illégales de champignons sont revenues sur le tapis : Claude Giraud, 1er vice-président de la CCCNJ a rappelé que « 500 cueilleurs roumains à minima sévissent entre Arbois Poligny et Champagnole », un secteur qui s’étend d’ailleurs désormais aussi à d’autres communes forestières : Andelot, Crotenay, Valempouillères, Ardon, etc. puisque le phénomène prend de l’ampleur. Sur ce dossier hors de contrôle et « difficile » selon Claude Giraud, « on est tous concernés » estime-t-il. Les formules proposées pour substituer une cueillette légale « n’ont pas donné satisfaction », c’est pourquoi une étude sera lancée pour « imaginer un modèle de cueillette et de valorisation et la création d’une nouvelle filière agro alimentaire ». Le conseil a voté 4857 € de subventions pour celle-ci, mais plusieurs élus restent perplexes à l’instar de Clément Pernot : « On a eu la démonstration d’un état faible, qui a laissé des colonies de roumains dégrader nos forêts ». Comme Claude Giraud, il souhaite que les services de l’état s’impliquent dans la répression, une répression axée sur les filières bien organisées qui profitent de ce juteux trafic international (plutôt que sur les cueilleurs eux-mêmes). « On a eu des garanties au sujet de la répression, mais le trafic quotidien de camionnettes sur la RN 5 à Champagnole ou Montrond est impressionnant » a dévoilé Claude Giraud, une manière de dire que des coups de filets seraient possibles. Pour conclure, la CCCNJ se dit prête à agir : « Si on n’essaie pas, on est sûr de perdre ! » a conclu Claude Giraud.

La route des sapins livrée à elle-même

L’idée était séduisante : créer un itinéraire touristique au cœur des plus belles forêts du massif, à cheval sur le Doubs et le Jura. 42 kilomètres très exactement entre Champagnole et Levier, jalonnés par 20 points d’intérêts, tel que le fameux « Sapin Président » (plus bel arbre de la forêt de La Joux). Las, le dossier est au point mort depuis des années a rappelé Clément Pernot, et l’itinéraire est peu valorisé. « Pourquoi investir dans une forêt qui n’est pas la notre ? » a-t-il lancé puisque l’état, propriétaire de cette forêt, ne semble pas vouloir s’en dessaisir ou s’y investir. « Personne ne veut payer, ni l’état, ni la région, c’est dommage » a renchéri Jean-Louis Duprez, élu de la minorité qui a cependant évoqué les « belles animations mises en place sur Levier ».