Les trains de bois scolytés défilent à Andelot

Cette unique gare du Jura permet aux épicéas malades d’être valorisés dans le sud ouest.

0
53
Le volume de bois expédié au fil des mois s'avère impressionnant. Photo illustration.

Voilà des années que la petite gare d’Andelot-en-Montagne (près de Champagnole) n’avait pas connu une telle activité : chaque semaine des grumiers s’affairent pour remplir une douzaine de wagons. Direction l’entreprise EGGER, située à Saint Riom des Landes, dans le sud ouest, qui les transforme en panneaux de particules. A la manœuvre, un partenariat public-privé, mariant l’ONF ainsi que la Coopérative Bois et forêts de l’Est.
Selon Antoine Daclin, responsable commercial de cette dernière, cette opération exceptionnelle découle d’un plan de soutien tout aussi exceptionnel mis en place par l’Etat pour subventionner (jusqu’à 20€ par m3) ces transports massifs. « Il s’agit d’absorber les coûts d’exploitation, de réduire les risques d’incendie, et d’éviter les chutes d’arbres  » précise le spécialiste, dans des forêts ravagées par ce minuscule insecte nommé scolyte. Sans ce coup de pouce, les forêts jurassiennes auraient pu rester zombifiées longtemps, car « ces bois transportés n’ont presque aucune valeur marchande » précise Antoine Daclin.

« Ce fret ferroviaire a connu ses heures de gloire il y a une vingtaine d’années »

Quelques euros le m3 tout au plus, voire une opération blanche pour les propriétaires forestiers bénéficiaires de ce pont ferroviaire. « Il s’agit de bois d’industrie de petit diamètre ou impropre à être scié » précise Antoine Daclin : seul l’épicéa est concerné, car les aides d’Etat sont conditionnées à cette espèce particulièrement vulnérable; les sapins -même malades- ne font pas partie du dispositif qui gagnerait à être prolongé une fois de plus au-delà du 31 août, tant les stocks à écouler s’avèrent faramineux.
Un dispositif vraiment gagnant/gagnant puisque dans le sud ouest, on manquait cruellement de bois destiné à l’industrie, du fait des ravages de la tempête Klaus en 2009 précise Antoine Daclin. Pour les partenaires de ce transport ferroviaire, il s’agissait également d’être plus vertueux sur le plan environnemental qu’un flux routier, certes réactif mais plus polluant. « Cela n’a pas été si facile à organiser » confie Antoine Daclin : « Ce fret ferroviaire a connu ses heures de gloire il y a une vingtaine d’années, beaucoup de gares adaptées au transport de bois ont été abandonnées ». Dans le Jura, seule la gare d’Andelot -qui transportait encore du bois il y a 4 ans- était compatible pour cette opération qui a déjà vu des dizaines de trains partir depuis cet hiver.