Les Restos du cœur ont lancé leur 35e campagne d’hiver

Fidèles à l’esprit de Coluche, ils distribueront dans tout le Jura encore 555.000 repas à environ 5.700 bénéficiaires jusqu’à la mi-mars. Des bénéficiaires au profil parfois atypique : papas isolés, jeunes, etc. Rencontre avec ces bénévoles au cœur gros comme ça.

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L’humain, encore l’humain, toujours l’humain…
Fidèles à leurs valeurs, les Restos du cœur du Jura ont entamé le 26 novembre leur 35e campagne hivernale. Une campagne qui aidera à nouveau près de 5.700 personnes dans les 8 centres disséminés à travers le département, grâce à 450 bénévoles (des « permanents » manquent d’ailleurs).
Selon Claude Perrier, responsable du centre de Champagnole, le nombre de repas distribués dans le Jura était stable l’an dernier : environ 550.000 repas, sachant que chaque bénéficiaire a droit à « un repas équilibré par jour, à raison de 6 jours par semaine ».
« 385 tonnes de denrées ont été écoulées » précise-t-il, un stock impressionnant provenant de plusieurs destinations : les Restos du cœur France, l’Europe et son Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), et les invendus des supermarchés. Grâce à la loi Garot, ces derniers sont depuis 2017 tenus de donner leurs surstocks (forte déduction fiscale aidant). « Ils jouent bien le jeu » estime Claude Perrier, même s’ils ont serré les boulons pour limiter les invendus.
La collecte nationale, qui aura lieu les 6, 7, et 8 mars complète cette corne d’abondance, ainsi que des dons ponctuels mais très utiles :
« Certains industriels nous offrent leurs excédents de production » (viande, charcuterie, biscuits et autres très conséquents). « Nous ne vivons que de dons » rappelle Claude Perrier : les oboles de particuliers s’avèrent donc nécessaires (réduction fiscale de 75% à la clé).

Une légère embellie sur la précarité

« Depuis l’été dernier, on sent un frémissement, un rayon de soleil ». Pour le bénévole très actif depuis 12 ans, le roue tourne quand même.
« Nous recevons plus de bénéficiaires, mais moins longtemps », dans des situations charnières de leurs vies : attente d’une allocation, d’un droit social, ou d’un emploi un peu moins longue. Parmi ces bénéficiaires, les 50-55 ans au chômage restent hélas une catégorie bien portante, tout comme les papas ou mamans divorcés ou séparés.
On le sait peu, mais des pères pâtissent aussi beaucoup de séparations : prêt d’une maison à rembourser seul, pension alimentaire à verser, etc…
Les jeunes complètent les effectifs, puisque selon le bénévole « 25 % des jeunes en milieu rural n’ont pas d’emploi, et pas de formation ou une formation inadaptée ».
Enfin, les migrants (qu’ils soient avec ou sans papiers) bénéficient eux aussi de la générosité des Restos. Après avoir connu une vague importante de Kosovars et d’Albanais, ce sont désormais plutôt des Africains qui sont demandeurs.
L’année 2020 sera marquée d’une pierre blanche : grâce au Conseil départemental et à la communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura entre autres, les Restos du cœur (partie collecte) ont emménagé dans une nouvelle plateforme logistique à Champagnole, qui facilite l’approvisionnement et le stockage sur tout le Jura.

Pour faire un don (réduction d’impôt de 75%) :
www.restosducoeur.org/ 03 84 52 46 85

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere

Les enfants des Restos auront eu aussi droit à des cadeaux.

Des Noëls qui ont du cœur

« Un jour, peu avant Noël, une mamie de 85 ans a poussé notre porte, en pleurs, la gêne chevillée au corps. Après l’avoir prise en charge, j’ai vu son être s’illuminer et me dire : vous êtes mon plus beau Noël. Cela était aussi le mien » se rappelle Claude Perrier. Comme chaque année, les restos du cœur offriront aussi à Noël des cadeaux à de multiples enfants (qui sans cela n’auraient rien).

De multiples ateliers

L’aide alimentaire originelle a fait place à l’aide à la personne : ateliers de français (migrants), ateliers de cuisine, habits, prestations de coiffure, etc.
Tout cela gratuitement (après vérification du niveau de ressources).