2021 sera-t-elle (enfin) l’année de l’Amour ?

Coup de projecteur sur les conséquences collatérales de l’épidémie de Covid dans le domaine des relations amoureuses, notoirement perturbées depuis près d'un an. Avec tout de même, quelques bonnes raisons d'espérer à un renouveau des rapports de séduction...

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(Crédit photo : Yves Regaldi)

A l’heure de toutes les mesures barrières de sécurité et de confinement, de couvre-feu, de masques, d’autorisations de sortie, de lieux conviviaux fermés qui par le fait, imposent l’absence de contacts directs entre les gens, et le respect d’une certaine distance entre eux, qu’en est-il des relations amoureuses ?
Conséquence directe du séisme sociétal de l’épidémie, les plateformes de rencontres classiques telles que Tinder, Badoo ou Meetic ont enregistré à partir de la mi-mars un effondrement de leur fréquentation sur toutes les catégories d’âge, jusqu’à 55% de moyenne avec des pointes à 75%. Tous aux abris ! Sauf pour les plus “acharnés”…
Toutefois, après ce court moment de sidération pour les plus de 8 millions de célibataires de notre pays, à partir de la fin du mois d’avril et en prévision du déconfinement de mai, la courbe s’est proportionnellement inversée pour atteindre parfois des sommets (près de 55% de nouvelles inscriptions) et des records d’affluence avoisinant encore plus de 26% actuellement !

Une incitation à l’hyper-connexion

Les professionnels de la rencontre, le nez avisé, ont alors malicieusement (et commercialement) incité cette population “disponible” à se connecter quotidiennement, en mettant en place diverses innovations, ou procédures attractives : tête-à-tête en vidéo, gratuité, ou bonus spécifiques.
On pourrait croire ainsi qu’avec le confinement et les mesures strictes, les utilisateurs de ces sites retrouvent une forme d’amour courtois et patient «à l’ancienne», en s’écrivant et en échangeant plus longtemps, en revisitant le plaisir de se courtiser à distance, le temps des retrouvailles physiques repoussées… Mais il n’en est rien !
Au contraire, les différentes mesures de confinement ou de couvre-feu n’ont aucunement refroidi les ardeurs des amoureux les plus grisés par l’illusoire (et virtuelle…) spirale ascendante de leur échanges sensoriellement érotisés (pour ne pas dire plus…), souhaitant ainsi concrétiser rapidement, au mépris des précautions sanitaires et du respect de la loi, ce à quoi ils brûlaient tant d’envie de s’adonner, une fois que leurs corps ne seraient plus “distanciés”…
Téméraire imprudence.

Les dégâts de l’immédiateté : feu de paille et désert de solitude

Avec très, trop souvent, dans l’immense majorité des cas pour seule issue, rien qu’un feu de paille émotionnel : une, deux, peut-être trois entrevues torrides, mais rien de bien plus constructif au final. S’il y a quelques temps encore, l’amour durait trois ans, aujourd’hui il dure en moyenne trois semaines, voire trois nuits…
Aussi vite qu’elle a submergé, bousculé, fait déraisonner, l’émotion retombe. La vérité s’impose. Le mirage de l’amour idéal que l’on s’était confortablement construit (pour se rassurer), s’évapore dans le désert de la solitude… Et le principe de réalité reprend ses droits.
Le plus préjudiciable est qu’au bout de ce chemin (de traverse), se trouve presque toujours la destruction, la perte de confiance, l’apparition de la honte, de la culpabilité et la brisure d’une destinée qui bien qu’imparfaite se serait avérée bon an, mal an, globalement satisfaisante sur le long terme, si l’utilisation trop fréquemment excessive, abusive, de ces espaces virtuels ne s’y était pas invitée.
Avec la valse des regrets sonne l’heure du bilan. La prise de conscience où la personne esseulée regrette amèrement d’avoir été fourrer le doigt dans cet engrenage infernal, poussant à toujours plus de marchandisation du désir et de négation d’elle-même.
Une négation très facilement entretenue par une toxique hypergamie et la permanente insatisfaction qu’elle draine dans son sillage, incitant à perpétuellement rechercher toujours plus, toujours mieux. Telle est la “loi du marché” des rencontres amoureuses.
Mais voilà, une fois le point de non-retour franchi, les conséquences sont fatalement immuables.
Pour preuve, on note déjà pour 2020 (alors que les statistiques définitives ne sont pas encore arrêtées), une augmentation des séparations de plus de 10% par rapport à 2019.
Tel est pris qui croyait (s’é)prendre…

On pourrait croire ainsi qu’avec le confinement et les mesures strictes, les utilisateurs des sites de rencontre retrouvent une forme d’amour courtois et patient «à l’ancienne», en s’écrivant et en échangeant plus longtemps, en revisitant le plaisir de se courtiser à distance, le temps des retrouvailles physiques repoussées… Mais il n’en est rien ! (Crédit photo : Yves Regaldi).

 

Étude Badoo : 32% des Français ressentent une pression sociale relative à la fréquence de leurs rapports sexuels par semaine !

En cette année si particulière marquée par la pandémie où les relations ont pris un tournant décisif, Badoo a souhaité en savoir davantage sur le rapport que les Français entretiennent avec la sexualité. Dans une étude mondiale intitulée «Parlons de sexe en 2020» menée en collaboration avec Canopy Insight, le site de rencontre a mis en évidence trois tendances émergentes que sont le rapport au corps, le sexe facteur de bien-être et la stigmatisation. Parmi les nombreuses données, l’étude lève le voile sur quelques sujets encore trop tabous. Entre orgasme, plaisir en solo ou pression sociale, Badoo communique sur “une parole honnête, libérée et assumée”.

Le rapport au corps : théorie / réalité

Parmi les nombreuses informations qui y figurent, « Parlons de Sexe en 2020 » révèle un décalage important entre les discours sociétaux qui prônent l’acceptation de soi, et sa propre perception dans la vie réelle. En effet, malgré les mouvements de plus en plus présents autour du«Body Positivisme», une majorité des personnes interrogées en France (64%) se sentent en insécurité par rapport à leur corps pendant les rapports sexuels.
La raison ? Une comparaison trop fréquente avec les images que les médias, la culture populaire et les réseaux sociaux véhiculent. Les complexes sont partout et l’on apprend d’ailleurs que 54% des Français se sont déjà posé des questions sur la taille ou la forme de leur sexe en se demandant même s’il était normal (60% des 18-23 ans contre 45% des 37-44 ans). La pilosité peut aussi être source de complexe puisque l’étude souligne que 51% des femmes ont déjà refusé un rapport sexuel parce qu’elles ne s’étaient pas épilées…

Le sexe comme facteur de bien-être, une idée accentuée en temps de Covid-19…

Alors que le contexte actuel lié à la pandémie accentue les émotions négatives telles que l’angoisse ou l’anxiété, l’enquête démontre que le sexe représente une source essentielle de bien-être. 79% de Français sont d’accord pour dire qu’avoir un orgasme les détendra et améliorera leur humeur en cas de stress ou d’insomnie. 65% admettent même qu’une période d’abstinence prolongée a un impact négatif sur leur bien-être !
En ce qui concerne le plaisir en solo, l’étude souligne que la masturbation permet aux Français de mieux connaître leur corps. En effet, 74% des 37 à 44 ans, soit 7 personnes sur 10, estiment avoir appris à connaître leur corps, et à mieux définir leur préférence sexuelle, contre 62% des 18 à 24 ans.
Cependant, en dépit de ses “bénéfices”, un sentiment de honte entoure souvent cette pratique. Presque la moitié des Français interrogés (46%) avouent se sentir honteux de se masturber. On apprend par ailleurs que 51% des gens mariés se sentiraient gênés d’évoquer ce sujet avec leur partenaire, de crainte que cela ne les vexe.
Bien qu’il soit source de bien-être, le sexe crée tout de même quelques frustrations. Côté plaisir féminin d’abord, l’étude souligne que 51% des femmes admettent avoir moins d’orgasmes que leur partenaire. Parallèlement, 32% des Français avouent ressentir une pression relative à la fréquence de leurs rapports sexuels par semaine, selon les critères de la société. Comme quoi…

La stigmatisation autour du sexe

Les rencontres et les échanges à distance se sont imposés de façon tout à fait normale dans un monde frappé par la pandémie. Le nouveau film lancé par Badoo célèbre d’ailleurs les moyens inventifs et originaux que les daters ont imaginés pour être intimes bien que chacun chez soi…
De son côté, l’industrie pornographique s’est aussi largement imposée comme une alternative aux relations physiques pendant le confinement. Mais 67% des Français estiment que la représentation du sexe qui y est faite peut conduire à une idée biaisée de ce que sont réellement les rapports sexuels.
Par ailleurs, 36% des Français se sentiraient vexés ou offensés s’ils apprenaient que leur partenaire regarde du porno et 17% pensent que regarder des films X alors que l’on est en couple est comparable à de l’infidélité…
D’autre part, l’étude révèle qu’un nombre surprenant de jeunes adultes refusent désormais de regarder du porno. 44% des 18 à 23 ans veulent arrêter ou ont arrêté d’en regarder.
Les plus jeunes générations auraient-elles davantage soif d’authenticité ?
On ne peut que le souhaiter…

Méthodologie :

Badoo s’est associé à Canopy Insights pour révéler les tendances émergentes dans les conversations sur le sexe au Royaume-Uni, en Russie et au Brésil. L’étude de consommation a été réalisée par Dynata Research Panel du 25 août au 4 septembre 2020, avec un échantillon mondial de 5028 répondants âgés de 18 à 44 ans au Royaume-Uni, en France, en Espagne, en Russie et au Brésil. L’échantillon de Français interrogés est de 1011 personnes.

 

Parmi les nombreuses informations qui y figurent, « Parlons de Sexe en 2020 » révèle un décalage important entre les discours sociétaux qui prônent l’acceptation de soi, et sa propre perception dans la vie réelle. (Crédit photo : Yves Regaldi)