Les puissants seigneurs de Vaudrey

Au cours de l’histoire, des membres de la maison de Vaudrey occupèrent des dignités prestigieuses. Il demeure dans le village de Vaudrey quelques traces de ce passé glorieux. Effectivement, l’église de la commune abrite une dalle funéraire du XVIe siècle dédiée à Maximilien de Vaudrey. Dévoilement d’une histoire oubliée.

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L’église Saint-Rémy de Vaudrey dans laquelle est conservée la dalle funéraire de Maximilien de Vaudrey.

 

« La maison de Vaudrey est un rameau de celle de Thoire […], lequel fut transporté, vers l’an 900 ou 1000, vraisemblablement par suite d’un mariage, à Arbois, qui alors n’était qu’un gros village », explique Xavier Brun.
Il est toutefois complexe de dater la prise de possession des villages de Vaudrey et de Mont [Mont-sous-Vaudrey] par cette famille. La manière dont ceux-ci prirent ces derniers lieux est tout aussi hasardeuse.
« Il semble que ce soit vers l’an 1150 ou 1200 que ceux des Thoire d’Arbois qui tenaient la seigneurie de Vaudrey commencèrent à laisser tomber leur nom originel pour prendre le nom de celle-ci » souligne Xavier Brun.

De conflit en conflit

En 1137, la seigneurie de Vaudrey – qui incluait Mont – était tenue par Hugues de Thoire. Son fils, Guillaume, accorda des droits d’usage dans la forêt, pour l’abbaye cistercienne de Rosières. Celle-ci fut fondée en 1132.
En 1180, Aimon, un descendant de la maison de Vaudrey, contesta ces droits d’usage. Résistant, l’abbaye de Rosières fut saccagée par Aimon et ses fils. L’abbé du lieu fut même enfermé dans le château de Vaudrey. En 1195, Aimon céda et reconnut les droits des religieux.
Il entra également en conflit avec le prieur de Saint-Just d’Arbois pour des raisons liées également à des droits d’usage accordés antérieurement. En 1230, Guillaume de Vaudrey donna ces droits au prieur de Saint-Just.

Des seigneurs prestigieux

Au fil du temps, plusieurs branches de la maison de Vaudrey se constituèrent. Au sein de celles-ci, plusieurs individus occupèrent des dignités prestigieuses.
Au début du XIVe siècle, l’un des fils de Gui de Vaudrey, Simon, créa la branche de Mont tandis que son frère, Odon, fut abbé de Saint-Claude de 1304 à 1320. La seigneurie particulière de Mont étant constituée, Simon fit construire un château. Cet édifice fut détruit à la fin du XVe siècle, probablement par les forces armées de Louis XI (1461-1483). Les fossés de la forteresse subsistent à Mont-sous-Vaudrey, derrière la salle Sarlin.
Parmi les descendants de la branche des Vaudrey, seigneurs de Mont, un nommé Pierre fut chambellan (= gentilhomme s’occupant du service de la chambre d’un prince) du duc de Bourgogne Philippe le Bon (1419-1467).
La branche des Vaudrey, seigneurs de Mont, s’éteignit au XVIe siècle. Toutefois, d’autres branches des Vaudrey existaient. Ainsi, la maison de Vaudrey cessa réellement d’exister vers 1785 avec Claude-Antoine, comte de Vaudrey, issu de la branche de Beveuge.

Maximilien de Vaudrey

L’un des trois fils de Jacques de Vaudrey, Guillaume de Vaudrey, constitua, au début du XVe siècle, la branche de Mutigney. Celui-ci était notamment lieutenant au gouvernement de Milan.
Au sein de cette descendance, Louis de Vaudrey, qui fut seigneur de Mutigney, a eu un seul fils : Maximilien de Vaudrey.
Celui-ci fut, en 1516, bailli d’Aval – le bailliage d’Aval étant l’un des trois bailliages du comté de Bourgogne, territoire correspondant grossièrement à l’ancienne région Franche-Comté. Maximilien de Vaudrey fut également chambellan de Charles Quint avant de décéder en 1545.
Dans l’église Saint-Rémy de Vaudrey, une dalle funéraire rend hommage à cet homme. Œuvre de Claude Lulier, celle-ci est classée au monument historique et est actuellement en restauration.
« Du vif éclat jeté par elle pendant six siècles, notamment dans les combats et les tournois, il ne reste que quelques lueurs dans de rares livres d’histoire », constate Xavier Brun quant à la maison de Vaudrey.

Pour aller plus loin : BRUN Xavier, Renseignements sur l’illustre maison de Vaudrey et sur les villages de Vaudrey et de Mont-sous-Vaudrey, Lons-le-Saunier, Maurice Declume, imprimeur-éditeur, 1943.