Les “Oubliés de la canicule” s’invitent à L’Élysée

Des centaines de sinistrés iront au ‘Palais’ pour obtenir réparation de milliers de maisons fissurées.

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A Perrigny, une épidémie de fissures s'étend route de Champagnole. Ici une brèche d'environ 4 mètres de haut.

Jeter l’argent par les fenêtres, chauffer leurs maisons ouvertes à tous les courants d’air : voilà à quoi seront au mieux réduits des milliers de jurassiens cet hiver. Du fait des canicules récurrentes ces dernières années, on ne compte plus les maisons fissurées parfois du sol au plafond, car bâties sur des terrains argileux. Selon Gérald Grosfilley, président de l’association ‘Les oubliés de la canicule’, la sécheresse  fait pas de vagues (sens figuré), contrairement aux inondations, mais elle rend la vie impossible a des propriétaires pris au collet : « des personnes âgées qui à 90 ans doivent partir en Ehpad, ou des divorcés qui doivent vendre leur maison ».
Mais comment vendre un bien invendable, ou y habiter alors que le péril menace ?
Car certaines fissures impressionnent, comme celle qui lézarde du sol au toit la maison des époux Sahli à Perrigny (banlieue lédonienne), des époux « endettés sur 30 ans ».
Face à ces situations parfois dramatiques, Gérald Grosfilley dénonce « l’inaction des politiques », à commencer selon lui par les sénateurs et députés de tous bords. Car les ‘Oubliés de la canicule’ en appellent à la puissance publique face à la politique de l’autruche menée par une majorité d’assureurs.
Face aux colossaux enjeux financiers, tous les moyens sont bons pour ne pas payer. Gérald Grosfilley évoque des expertises biaisées : ici « un chéneau », là « un arbre », ou encore « une expertise réalisée à distance, l’assuré étant invité à promener son téléphone autour de sa maison ».
« Les travaux préconisés par les assurances ne servent à rien » ajoute-t-il : seuls « des micro-pieux peuvent sauver » les quelques 2.500 maisons concernées dans le Jura. A 60.000 € à 140.000 € par chantier, 200 à 300 millions € ne seraient pas de trop pour le seul Jura, et lorsqu’on sait que l’association recense déjà des dommages sur 31 départements…
Faute de réponses, les ‘Oubliés de la canicule’ iront donc ouvrir la boite de Pandore sous les fenêtres d’Emmanuel Macron courant janvier 2021.
« Nous affréterons au moins 4 ou 5 minibus par département » espère Gérald Grosfilley, que la révolte conduira « jusqu’au bout ».

Contact : www.lesoubliesdelacanicule.org/ 07 54 37 44 18