Les « oubliés de la canicule » poursuivent leur bras de fer avec les assurances

Ils dénoncent des excuses généralisées et fallacieuses pour exonérer celles-ci de leur responsabilité.

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Une délégation des "Oubliés de la canicule" a de nouveau rencontré des membres du Sénat.

Quel long et tortueux chemin ! Depuis des mois, l’association -qui rayonne désormais sur 22 départements – défend ceux qui ont perdu tout ou partie de leurs habitations, en raison des sécheresses récurrentes.
Première victoire auprès de l’État, puisque « les décrets de reconnaissance catastrophe naturelle sont désormais parus pour la sécheresse 2018 » retrace Gérald Grosfilley, président de l’association.
Mais la guerre est loin d’être finie, puisqu’il déplore l’attitude au national des compagnies d’assurances. Selon le président Grosfilley, toutes les raisons sont bonnes pour « ne pas payer : un arbre trop près de la maison, une descente d’eau qui fuit, la préexistence des fissures (qui se seraient donc ré-ouvertes), la mauvaise conception du bien, la vétusté de celui-ci », en passant par «les fissures esthétiques ».

Un appel à légiférer

Rien n’est épargné aux 25.000 adhérents de l’association (dont 900 pour le seul Jura) mais cette dernière ne lâche rien : « Notre association se réserve le droit de dénoncer publiquement ce genre de comportement, comme elle dénonce l’absence de réponse de la Fédération Française des Assurances et de la CCR (Caisse Centrale de Réassurance) à notre lettre ouverte ». Une délégation est à nouveau montée « au front » à Paris, plus précisément au Sénat le 29 octobre, où le dossier a été de nouveau débattu devant Elisabeth Borne (Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire) entre autres.
Selon le sénateur Didier Mandelli, les fonds Barnier (Fonds de prévention des risques naturels majeurs) seraient par ailleurs détournés par l’Etat au profit de son budget général : « 55 millions d’euros en 2016, 70 millions d’euros en 2017 et autant en 2018 août. Les oubliés de la canicule rappellent que ces fonds sont alimentés « via les cotisations d’assurances obligatoires des assurés, représentant 200 millions d’euros par an ». « Alors que le Sénat soutient notre cause …/… à l’entière majorité, l’Assemblée Nationale semble se désintéresser de cette situation » conclut l’association qui appelle avec vigueur à une loi en 2020.