Les nouveaux défis des entreprises franc-comtoises

Le chômage baisse, en particulier dans le Jura, ce qui pousse les entreprises à réinventer leurs ressources humaines, tout en jonglant avec les pénuries de matières premières.

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Des carnets de commande pleins et un taux de chômage en baisse : selon le Medef Franche-Comté (représentant pas moins de 4.000 entreprises et 75 800 salariés), la situation économique semble positive et porteuse d’espoir. Toutefois, les entreprises franc-comtoises doivent composer avec une certaine pénurie de main d’oeuvre. Dans le Jura par exemple, le taux de chômage a baissé de 22,9 % sur un an (lire encadré). Le Medef reste toutefois optimiste en pariant sur le levier de la formation professionnelle. A l’initiative de ce dernier, le dispositif de transition collective permet d’anticiper sur les plans de suppressions d’emploi : sur la base du volontariat, les salariés souhaitant se tourner vers d’autres secteurs d’activité plus porteurs, sont ainsi accompagnés dans leurs démarches. A titre d’exemple, on sait que le secteur de l’aide à la personne (aide à domicile ou auxiliaire de vie) peine à recruter de manière récurrente. Mais le groupe Korian a passé un partenariat avec Monoprix, qui comme beaucoup d’acteurs de la grande distribution et en passe de supprimer de nombreux emplois de caissière. Pas moins d’une centaine d’entre elles vont voir un nouvel horizon professionnel se dessiner : un dispositif particulièrement vertueuxl donc : « tout ce qui permet de ne pas passer par la case chômage est essentiel » souligne le Medef.

L’art de répercuter la hausse des matières premières

Un souhait d’autant plus essentiel, au vu du nouveau mode de calcul des allocations chômage, qui devrait entrer en vigueur au 1er octobre selon le gouvernement. Au terme de cette réforme naturellement contestée par les syndicats, les salariés alternant période d’inactivité et contrat court seront pénalisés financièrement. Retoquée en première lecture par le Conseil d’État le 22 juin dernier, cette réforme devrait selon le Medef fluidifier la gestion des ressources humaines, toujours plus épineuse à mesure que l’économie française approche d’un certain ‘plein emploi’. Pour parvenir au 6 % de croissance espérée pour l’année 2021, les entreprises franc-comtoises devront vaincre un autre challenge : celui des tensions  sur les matières premières, qui ont conduit à un renchérissement de leur prix. Toujours selon le Medef Franche-Comté, des entreprises ne répercutent pas l’amplitude de ces hausses, alors que leur prix de production atteindre pourtant plus de 6,5%. Mais le cours de certains métaux, s’est envolé dans des proportions nettement plus élevées, comme le fer qui affichait en juillet dernier un joli « X 2,5 fois ». Malgré cela, le Medef se déclare optimiste, et ne croit pas au mur des faillites annoncés par d’autres.

Stéphane Hovaere

Le chômage en recul dans la région

Selon les dernières statistiques trimestrielles communiquées par la préfecture de région, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A à diminué de 1,1 % par rapport à l’année dernière (soit 122.100 personnes). Le Doubs fait figure d’excellent élève avec une baisse de – 2,7 %, mais le Jura ne démérite pas avec une baisse de – 1,2%, tandis que les autres départements franc-comtois sont à la peine (Yonne + 0,9%, Nièvre + 0,4%, Haute Saône + 0,2 %). Sur une année, le Jura fait même figure de premier de la classe avec une baisse du chômage de 22,9% : tout simplement la meilleure performance de tous les départements de Bourgogne Franche-Comté, devant la Haute-Saône (-20,4%), la Côte d’Or (-19%), et le Doubs (-19%). Ceci malgré la casse sociale médiatisée dans diverses entreprises renommées telles que MBF à Saint Claude, Jacob Delafon à Damparis ou LMT Belin à Lavancia entre autres.