Les manipulatrices radio ne veulent plus être oubliées 

Diplômées à bac +3, elles demandent une revalorisation de leur salaire entre autres.

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Les manipulatrices en radiologie demandent 300 € de plus par mois entre autres.

“Profession oubliée” : sur leurs blouses blanches, le message des manipulatrices en radiologie est clair. Le 21 novembre, huit d’entre elles ont débrayé durant une heure au centre hospitalier de Lons le Saunier -comme dans 200 centres en France- pour faire entendre leurs revendications. A commencer par une hausse de salaire de 300 € net minimum, pour compenser “le gel du point d’indice depuis 2007”. Il faut dire qu’une manipulatrice débute sa carrière à 1350 € net par mois. “Contrairement aux infirmières, nous n’avons eu droit à rien, ni aux primes Buzin ou Veil” affirment ces autres blouses blanches.
Alors que leur formation de niveau bac +3 vaut selon elles un grade de licence, elles soulignent la pénibilité d’un métier méconnu : “nous perfusons, nous injectons des produits de contraste ou radioactifs, nous sommes parfois au contact de sang ou de selles. Nous travaillons la nuit, les week-ends et sous pression”.
En cause, une augmentation de l’activité, du rythme (lié à celui des urgences), et de personnes dépendantes. “70% des patients qui passent aux urgences ont plus de 70 ans” selon elles : “Nous sommes parfois à la limite de la maltraitance envers des personnes âgées faute de temps”. L’arrivée d’un 2e scanner le 16 septembre 2019 a certes donné une vraie bouffée d’oxygène, permettant de désengorger le service. Mais les 22 manipulatrices présentes à Champagnole et Lons souhaiteraient un poste de plus. Au final, “95% de la population jurassienne passe entre nos mains” estiment ces « oubliées de la fonction publique hospitalière » qui se mobiliseront à nouveau le jeudi 5 décembre pour une grève nationale. “Pour la reconnaissance de la pénibilité et contre la retraite par points”.