Sous la loupe d’Anthony…

Les leçons du COVID-19

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La clé sous la porte, les rêves de milliers de commerçants se figeront. Et pourtant, ce qui est non-essentiel pour notre survie est primordial pour que nous vivions. Sans famille, sans ami, sans culture, sans voyage et sans restaurant, notre vie devient vite futile.

Vivre. Depuis pratiquement un an, nous avons oublié le sens de ce mot. Depuis des mois, ce qui égaie nos vies est jugé non-essentiel par nos dirigeants. Ce qui demeure essentiel, l’est uniquement pour notre survie, pour espérer, demain, un retour à une situation antérieure. Cette épreuve nous aura néanmoins changés, nous prouvant que nous sommes toujours vulnérables, alors que nous nous pensions insaisissables par les fléaux du passé.

Différence majeure toutefois, en autant de temps qu’il faille pour créer la vie, des scientifiques nous sauvèrent. Le vaccin, quoique décrié par certains, nous permettra de sortir positivement de cette situation intenable. Les vaccinations s’accélèrent. La lumière apparaît dans l’obscurité. Il nous sera bientôt possible d’arrêter de tuer le temps, et de souhaiter de ne pas trop en manquer.

Certains diront que nos vies sont en pause, et pourtant, elles continuent. Les étudiants ne récupéreront jamais ces mois à ne pas pouvoir apprendre dignement. Il n’y aura pas de nouveau Noël en famille pour certains de nos aînés. La clé sous la porte, les rêves de milliers de commerçants se figeront. Et pourtant, ce qui est non-essentiel pour notre survie est primordial pour que nous vivions. Sans famille, sans ami, sans culture, sans voyage et sans restaurant, notre vie devient vite futile.

Autrefois, certains manifestants se plaignaient d’une liberté absente, mais tellement plus présente qu’actuellement. Dans cinquante ans, après ces restrictions épuisantes, les plus jeunes d’entre nous raconteront à leurs enfants l’horreur des confinements. L’angoisse de l’attente des décisions gouvernementales, toujours prononcées tardivement. La peur d’être réduit à ce que précisément nous ne voulions pas être : des machines de travail ou des âmes sans occupation.

Dans dix mille ans, lorsque le dernier document faisant mention de ces mois dramatiques disparaîtra, cette expérience retombera dans l’oubli. Elle n’aura comme jamais existé. Nos sacrifices seront alors vains. Dans l’épaisseur du temps, qui n’existera plus pour nous, ce chaos se noiera, tout comme nos noms.

Alors, dans l’intervalle qui nous sépare de la mort, après la disparition du virus, rien ne nous rendra plus heureux que de laisser tomber les masques. Que chacun s’accepte comme il est. Que les sourires soient de nouveau visibles, chassant l’angoisse, la peur et l’individualisme. Que la culture, le sport, les bars rythment de nouveau nos vies. Que le mérite continue à ronger la reproduction sociale. Que les ambitions triomphent sur l’appréhension. Que chacun se tourne vers son moi intérieur, pour être en communion avec lui-même. Continuons ensemble la magnifique aventure de la vie. Parce que de toute façon, dans un siècle, les derniers témoins du COVID-19 s’envoleront.