Les forêts champagnolaises perdent le Nord

Les épicéas désertent, de nombreuses coupes de bois malades sont réalisées.

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Les épicéas qui souffrent des sécheresses estivales depuis 3 ans sont décimés.

Réchauffement climatique et insectes ravageurs n’ont pas épargné les forêts champagnolaises. Lors de la présentation du plan d’aménagement forestier pour les années à venir, l’ONF a fait part des bouleversements induits par le nouvel air du temps. « Nous avons rajouté pour des raisons sanitaires des coupes qui n’étaient pas prévues, en particulier sur Curtil et Sapois » a exposé Julie Pianet, agent local de l’ONF : une fois les épicéas grignotés par des scolytes, il faut les abattre assez vite pour éviter une contagion de leur épidémie.
A l’inverse, l’ONF a freiné les coupes de bois verts (non malades) : « seulement 2 parcelles ont été coupées sur les 6 prévues », afin d’essayer de maintenir les cours entre autres. Mais certains secteurs se portent mieux, comme Taravent qui présente un sol humide de bonne qualité. « Nous avons profité du plan de relance lié au Covid pour lancer l’aménagement forestier sur ce secteur » a précisé Pascal Tissot, adjoint aux finances de Champagnole : la route forestière, qui était dans un état déplorable, sera réhabilitée pour favoriser le passage des grumiers, et une plateforme de stockage du bois sera aménagée, le tout pour un budget de 45.000 €.
Quant à l’avenir, que replanter ? « Certains plantent des espèces méridionales, d’autres parient sur la régénération naturelle » a confié Julie Pianet : bien difficile de faire de la prospective sur 50, 100 ans ou plus, selon la durée de vie des espèces d’arbres.
En attendant, les mélèzes du Mont Rivel se portent à merveille, à tel point que leurs graines sont récupérées en pépinières.