Les oubliés de la canicule entendus au Sénat

Le réchauffement climatique a fait et fera des milliers de victimes dans la région : maisons fissurées, voire inhabitables. L’association se bat pour leur juste indemnisation et pour prévenir les futurs dégâts.

153
Les délégués des "Oubliés de la canicule" devant le Sénat, à Paris.

« Faire en sorte que les oubliés de la canicule ne le soient plus » : pour l’association présidée par le lédonien Gérard Grosfilley, l’audition réalisée le 30 avril à Paris par la commission sénatoriale sur les risques climatiques était cruciale. Il s’agissait de porter la voix de 4.000 sinistrés sur 700 communes au plus haut niveau de l’état. Suite à la canicule de l’été 2018 (classé au 2ème rang des étés les plus chauds par météo-France) des fissures sont apparues un peu partout où le sous-sol comprend de l’argile. Bernard Denys (référent de l’association pour la Nièvre) a expliqué que : « Le sol argileux se rétracte au soleil provoquant ces fissures puis regonfle lors des pluies, d’où mouvements de terrain » et fissures nouvelles et anciennes qui se cumulent. Il a évoqué plusieurs cas particuliers : « Une maison où des étais ont dû être installés (aux frais des sinistrés) tous les deux mètres pour la soutenir. La maison montant et descendant selon l’humidité, les habitants doivent contrôler chaque semaine la pression. Une autre maison avec une fissure traversante, ce qui a entraîné entre autre un surcoût de chauffage annuel de 500 € ». Il a précisé que de nombreuses personnes n’ont pas les moyens financiers de pourvoir à des travaux et que ces surcoûts pèsent dans leur budget. Face à ces situations parfois dramatiques, certains assureurs sont de mauvaise foi selon Gérard Grosfilley : « Il faut éviter que les sinistrés, mal informés, acceptent de petites sommes de la part de leur assurance. L’association peut proposer aux sinistrés 2 experts afin qu’ils soient mieux défendus face aux experts d’assurance ».

Des études de sol à 10.000 € pour prévenir ?

Selon lui, personne ne joue d’ailleurs vraiment le jeu : « Certaines préfectures ne donnent pas volontiers les données chiffrées, comme le département du Jura où les chiffres sont attendus depuis 1 mois », quant aux maires, la plupart brillent selon lui par leur absence. « Les élus ne se déplacent pas pour se rendre compte des dégâts de leurs administrés. En Saône et Loire où 2 300 maisons sont impactées, aucun élu ne s’est présenté lors de la réunion d’information. Et dans la Bresse, les maisons sont construites sans fondations, alors que l’on est sur des zones à risques ! ». Pour couronner le tout, les critères actuels pris en compte dans les arrêtés de catastrophe naturelle, couvrent « seulement 9 % des maisons sinistrées ». Mais l’association mène un intense travail de lobbying pour obtenir justice (députés, sénateurs, président de la république, premier ministre, etc.). Comme il vaut mieux prévenir que guérir, l’association présente dans 17 départements propose que les sols soient étudiés avant toute construction. Problème selon Gérard Grosfilley : « Seule une étude de sol G5 permet une profondeur suffisante, mais le coût peut avoisiner dans certains cas 10 000 € ». D’autres idées sont à l’étude : par exemple « Obliger les communes à avoir une cartographie de leurs sols. Cela éviterait au constructeur d’effectuer un carottage » ou encore « imposer des constructions sur des terrains sans risque, et que les fondations soient plus importantes ». Le rapport de la mission sénatoriale sera établi fin juin, suivi d’une ou plusieurs propositions de lois.

Contact : ” Les oubliés de la canicule ” Gérald Grosfilley 520 A, rue du docteur Jean Michel 39000 Lons-le-Saunier/ Facebook