Jura. Les feux au vert au tribunal de commerce

Le président, Michel Di Martino, appelle les entreprises en difficulté à tout faire pour tenter un règlement amiable.

207
Michel Di Martino (au centre) entame sa dernière année de présidence.

L’audience solennelle du tribunal de commerce du Jura, présidée par Michel Di Martino a fait souffler un vent d’espérance. La preuve : « L’activité dans notre département se porte bien, avec 11 milliards € de chiffre d’affaires pour 2019 (+ 4.27%) ».
Parmi les meilleurs élèves, la construction (+ 7.90% à 816 millions €) et l’agriculture (+ 5.72% à 502 millions €). Le président Di Martino a également rappelé que « le taux de chômage du Jura figure parmi les meilleurs de France à 6.10% » (8.50% au national).
Conséquence logique, « le taux de défaillance des entreprises diminue de 3.8% » et revient au niveau de 2007 (avant la crise mondiale de 2008 donc…).
Pour sa dernière année d’audience, Michel Di Martino a comme à son accoutumée fait montre de pédagogie au regard des dernières évolutions juridiques. Concernant la loi « Pacte » adoptée en 2019, il a qualifié la liquidation judiciaire simplifiée de « révolution » : « 98% des liquidations judiciaires prononcées dans le Jura bénéficieront de cette réforme » a-t-il ajouté puisque ses seuils d’application ont été revus à la baisse.
Exit les liquidations qui duraient parfois 20 ans, et les mentions au cassier judiciaire donc… Le président a une fois de plus pris son bâton de pèlerin pour prévenir plutôt que guérir : « 95% des entreprises en procédure collective ignoraient l’existence des procédures amiables (70 à 75 de réussite) » a-t-il cité, ajoutant « j’ai rencontré il y a deux semaines un chef d’entreprise qui m’a demandé : qu’est-ce qu’un mandat ad hoc ? ».
Un mandat qui peut pourtant sauver des emplois, tout comme le mode amiable de règlements des différends (MARD), des MARD que le président appelle de ses vœux pour l’année 2020.

Les avocats toujours opposés à la réforme des retraites

Marjorie Weiermann, bâtonnière des avocats du Jura est longuement intervenue sur la réforme des retraites. Selon elle « la moitié des 62 avocats du Jura gagnent moins de 3.500 € par mois » et la réforme des retraites mode ‘régime universel’ engendrerait une hausse des cotisations d’environ 5.000 € par an, soit plus de deux mois d’honoraires pour certains. Rappelons en effet que les cotisations devraient passer de 14% à 28% des revenus, avec le risque de voir des « petits » disparaitre et les honoraires des autres flamber pour compenser cette hausse de charges.