Les entrepreneurs du Jura s’invitent au Grand débat

La CCI du Jura a organisé un échange sur les quatre thématiques nationales, qui a permis d’avancer des éléments intéressants.

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Après le Grand débat passionné organisé par la municipalité (photo d'archive), les patrons aussi ont exposé leurs "quatre vérités".

La CCI (Chambre de commerce et d’industrie du Jura) a organisé avec ses partenaires (le MEDEF, la CPME, l’UIMM et la FFB Jura), une session dédiée aux problématiques des entreprises jurassiennes le 7 mars à Lons. Quatre thèmes étaient retenus : La fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Une cinquantaine de participants ont été accueillis, représentant un échantillon de dirigeants représentatif.

Sur la fiscalité et la dépense publique, les patrons ont –sans surprise- fait part du poids des taxes qui pèsent sur leurs activités, et d’une certaine inquiétude à cet égard en comparaison avec certains homologues européens.
De fait, des transferts de charges croissants (du fait des carences de l’Etat) pèsent trop systématiquement sur les entreprises : pour mémoire, les recettes fiscales en France se sont élevées à 46.2 % du PIB en 2017… Certains paraissent même découragés face à un traitement différencié des entreprises selon leur taille et leur poids dans l’économie, et sur le côté « confiscatoire » de la fiscalité au détriment de l’investissement.

Taxer plus les transporteurs routiers ?

Ils souhaitent aussi lutter contre la fuite des personnels formés sur place vers des territoires frontaliers. De plus, les prélèvements et les prestations sociales élevés ne semblent pas favoriser l’emploi. Autre constat partagé : les corps intermédiaires de proximité comme les CCI et les organisations professionnelles  sont peu valorisés par le gouvernement.

Sur la démocratie et citoyenneté, les chefs d’entreprise qui ont aussi des mandats électoraux et servent l’intérêt public local risquent d’être considérés comme étant juges et parties dans l’attribution de marchés publics (qui constituent une part de leur chiffre d’affaire). Le « cumul » des fonctions est donc difficile.

Pour la transition écologique, les entreprises agissent sur le traitement des déchets, l’amélioration de la consommation énergétique, du chauffage, etc. La charge financière doit être justement répartie à équivalence de « pollution » : les transports routiers sont proportionnellement beaucoup moins taxés que les véhicules des commerciaux qui font leur tournée de clients pour ramener des contrats à l’entreprise. Là encore, les chefs d’entreprise demandent du bon sens et des politiques simples à mettre en œuvre.
Tous les échanges seront déposés sur la plateforme de recueil national pour –ils l’espèrent- recevoir des suites.