Les coachs sportifs et le fitness solubles dans la Covid

Les appels à sauver le sport se sont multipliés…et ce n’est pas la vidéo qui le sauvera.

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Pour Sonia Marza (à droite), rien ne remplace les interactions avec les élèves et l'énergie collective, ici en zumba.

« Je ne suis pas pour » : à titre personnel, Sonia Marza, éducatrice sportive diplômée basée à Lons, ne cache pas ses doutes quant aux cours de sport en vidéo. Sans jeter la pierre à ceux qui s’essayent à ces palliatifs aux cours en présentiel, la jeune femme explique pourquoi elle s’est refusée à partir dans cette voie : « de par ma formation, j’ai appris que les cours collectifs sont faits pour s’adapter aux personnes qui y participent. Je dispose de marqueurs visuels pour savoir si c’est trop dur pour une personne ou trop facile, si elle est bien positionnée, etc. ».
Toutes choses impossibles à réaliser à distance, à moins d’avoir un retour vidéo de chaque élève sur son écran, et de devoir être collée à celui-ci. Irréalisable techniquement, mais aussi humainement.
« Il manquerait l’ambiance, l’énergie de groupe, les interactions avec le coach. Dans un cours de zumba, ça chante, ça rit » contextualise-t-elle.

Des bénéfices multiples

Car les pratiquants ne viennent pas seulement pour « être en forme », mais aussi et surtout pour retrouver des connaissances, des amis et un environnement porteur. Le rôle du coach sert aussi à trouver les encouragements adaptés, plus ou moins énergiques en fonction de chacun. Sans oublier les débutants, où les risques du tout vidéo s’avèrent majorés, à commencer par l’ « échauffement, l’hydratation, les risques de blessures » précise la professionnelle qui a été à son compte, avant d’enseigner en associations, foyers ruraux et écoles. Quant à s’entrainer en extérieur avec des températures négatives, hors de question…
Sonia Marza espère donc la réouverture des cours, un espoir partagé par d’autres « oubliés du Covid » : les nombreuses salles de sport qui parsèment le Jura. Si elles ont le droit d’accueillir des clients présentant une prescription médicale, encore faut-il que le jeu en vaille la chandelle.
Après avoir tenté en vain de joindre une dizaine de salles à Lons, Champagnole et Dole, il semble que leurs portes soient closes jusqu’à nouvel ordre. Les cris d’alarme des médecins, politiques et sportifs en faveur de l’activité physique se sont multipliés pour dénoncer les ravages d’une sédentarité devenue massive, sans doute plus dangereuse à court et moyen terme que la Covid elle-même…