Les cigognes de retour à Monnet la Ville

Les volatiles au capital sympathie bien affirmé, ont marqué le retour des beaux jours par leur passage toujours spectaculaire.

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Les cigognes sont arrivées sur le nid dressé spécialement pour les accueillir.

Au pied de la côte de l’Heute, à Monnet-la-Ville, les cigognes sont les bienvenues et ce n’est pas Jacques Baud, président de l’association pour la réimplantation des cigognes dans le Combe d’Ain, qui dira le contraire.
« Un couple déjà niche devant ma maison : un mâle qui est arrivé début mars et une femelle qui a passé l’hiver ici, même durant les grands froids. C’est un oiseau qui vit au coeur des villages, cela le rend sympathique »…et pas seulement en Alsace.
“Leur distance de sécurité ne se monte qu’à 50 mètres contre 300 mètres pour des hérons. “. Les cigognes ne s’arrêtent dans la combe d’Ain que depuis 10 ans environ, date à laquelle l’association a installé plusieurs nids disséminés entre Mesnois, Monnet la Ville et le lac de Chalain. “Les premières arrivent en général début mars, mais l’an dernier c’était le 2 avril” précise le passionné qui nourrit une tendresse particulière pour ces oiseaux qui ont failli disparaitre. “Dans les années 2000, il restait moins de 5 couples en Alsace et dans toute la France, aujourd’hui on en est à plus de 900”.

Entre électrocutions et trophées africains

N’en déplaise à certains puristes ou écologistes, l’homme a sauvé l’espèce pour Jacques Baud. « L’association qui les a protégées en Alsace a missionné un ornithologue qui les a baguées, et a suivi leur migration jusqu’au Mali. Là, il s’est aperçu que certaines tribus portaient ces bagues autour du cou tels des trophées. L’association les a payés pour qu’ils ne les tuent plus, et en parallèle a élevé des cigognes en captivité pour les relâcher après la reproduction ».
Aujourd’hui, c’est grâce à ces efforts que la cigogne existe encore : on aimerait en dire autant du grand Tétras en voie de disparition…
De son côté, Jacques Baud a installé sur la commune des nids douillets qu’il met à disposition des volatiles, « à l’aide de branches de noisetier sur le bord, et d’écorces au milieu ». Enedis (ex ERDF) a contribué aussi à la préservation de la faune aux abords des lignes du réseau public d’électricité, pour remédier aux nombreuses électrocutions dont étaient victimes les cigognes. Leur envergure étant d’environ 1,40 mètres, et les fils électriques étant écartés de 1,20 mètre, il était fréquent qu’en battant des ailes leur frêle organisme soit parcouru par les 20.000 volts des câbles voisins.
L’opérateur y a donc posé des effaroucheurs, tandis que Jacques Baud a posé des nombreuses cigognes en plastique grandeur nature dans les champs alentours pour servir d’appeau. De quoi attirer qui sait une petite colonie et faire le bonheur –entre autres- des touristes qui viennent les photographier.

Contact : Jacques Baud 06 81 78 95 25

Ces superbes oiseaux parcourent parfois des milliers de kilomètres par an.

Un élégant oiseau

Si les cigognes apportent les bébés dans l’imaginaire populaire, elles sont également en train d’en faire. « Elles sont fidèles à leur partenaire d’une année sur l’autre, et encore plus à leur nid » explique Jacques Baud… à condition toutefois que le mâle ne tarde pas trop à rejoindre sa dulcinée. Les petits sortent des œufs autour de la mi-juillet et s’envolent vers le grand sud autour de la mi-Août. « Auparavant au Mali, la plupart passent désormais l’hiver en Espagne» explique le passionné, mais –réchauffement climatique oblige- certaines se sédentarisent même en France témoigne l’ex-agriculteur. Ces remarquables animaux sont capables de parcourir des milliers de kilomètres en quelques jours, en profitant des vents dominants et des ascendances d’air chaud pour rejoindre leurs quartiers d’hiver, très loin, là où brille le soleil.