Les candidats à la mairie de Lons font les poubelles

L’initiative ,visant à lutter contre le gaspillage alimentaire, les a mis devant le fait accompli : au seul centre-ville, les bacs à ordures de certains commerces permettraient de nourrir des dizaines de démunis.

441
Les élus de tous bords ont fait les poubelles et trouvé des merveilles...

Légumes, fruits, fromages, pâtisseries : en seulement 10 minutes, ils ont trouvé de quoi faire un repas presque complet…et « à l’œil », juste en parcourant la rue Saint-Désiré. Il a suffi à différents candidats à la mairie de Lons d’ouvrir le 2 décembre quelques poubelles pour prendre conscience d’une situation éberluante : chaque semaine, des dizaines, voire des centaines de kilos de produits alimentaires sont jetés alors qu’ils pourraient nourrir des personnes dans le besoin. Une situation qui révolte le collectif « Les Gars’pilleurs » et certains gilets jaunes (dont Gérald Grosfilley, conseiller municipal proche de cette mouvance), à l’initiative de cette invitation nocturne à mettre les mains “dans le cambouis”…ou plutôt le bac à ordure. Selon Julien Da Rocha, membre des « Gars’pilleurs », il pourrait y avoir jusqu’à 30% de pertes finissant ainsi à la poubelle, en particulier à l’approche des fêtes. « Le lendemain du jour de l’an, nous avons trouvé 52 chapons dans les poubelles d’un hypermarché lédonien. Et 14 bûches de Noël dans la rue du Commerce un 26 décembre. Ou 1.000 € de produits rue Saint-Désiré » se souvient-il. Au-delà de ces cas extrêmes, le collectif qui comprend 10 à 15 militants, fait la tournée des poubelles tous les lundis soir (le ramassage hebdomadaire des ordures ayant lieu le mardi matin), et s’en porte hélas plutôt bien : « On trouve des fois de quoi nourrir au moins 20 personnes, y compris des chocolats » ou autres produits plutôt fins dont la DLC ou la DLUO est à peine dépassée.

Un gaspillage payé par les clients ordinaires

Si la viande, le poisson et autres denrées très périssables sont laissées de côté, il n’est pas rare de trouver des fruits et légumes à peine abîmés. Au-delà du constat unanime, les différents candidats aux municipales ont émis leurs propositions. Pour John Huet, tête de liste d’Atout Lons, il s’agirait par exemple de « mettre autour de la table les commerçants qui ont une surabondance avec des organisations caritatives », ajoutant que ces potentiels dons en nature seraient défiscalisables. Grégory Sourd, représentant la liste Bois-Oblinski, a proposé de « mettre proprement les produits à disposition » des personnes qui souhaitent faire de la récup’, en les séparant des ordures stricto sensu. Une idée validée par Anne Perrin, candidate sur la liste « Changer de cap » qui a remarqué que ces produits ne pourraient pas rentrer tels quels dans un circuit de valorisation. Respect de la chaine du froid, normes alimentaires posent en effet question, à moins d’étendre la loi Garot (obligation de donner les invendus à des associations caritatives) aux surfaces de moins de 400 m? Jean-Yves Ravier, tête de liste de « Changer de cap » comme Grégory Sourd sont tombés d’accord pour jouer d’abord la sensibilisation des commerçants, et essayer de diminuer le gaspillage…payé d’ailleurs par les clients ordinaires. Des idées qui prennent tout leur sens, alors que la fièvre acheteuse et la frénésie consumériste frappent à nos portes.

La pêche a été bonne rue Saint-Désiré.