Jura. Les campings à l’heure du numérique

L’assemblée générale du Jura Camping a permis de dégager les grandes tendances de la saison à venir. Comme celle d’une connexion grandissante des touristes, jusqu’ici confrontés à des réseaux non dimensionnés pour les pics de fréquentation estivaux.

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Jean-Pierre Costentin tient avec sa femme Sylvie le camping de la Marjorie à Lons, qui a été doté d'une piscine à l'été 2019.

+ 2,9% ! Telle est l’embellie de fréquentation vécue en 2019 par les campings du Jura aux dires de l’Insee, qui reflète de bonnes conditions météorologiques, entre autres.
Les 40 campings classés du Jura, représentant pas moins de 6060 emplacements (la plus grosse capacité de la région), peuvent donc voir l’avenir avec sérénité, malgré certaines tracasseries : « l’impossibilité de trouver de la main d’œuvre » (en particulier multilingue), « la requalification de nos hébergements locatifs en résidence à perpétuelle demeure, avec un redressement des impôts sur 3 ans pour la redevance TV » ou encore l’interdiction de réduire les déchets en installant un poulailler sauf « à passer une habilitation », etc…
Mais l’assemblée générale qui a eue lieu le 29 janvier à Lons a surtout fait la part belle au numérique. Car il constitue désormais le nerf de la guerre : « Le tourisme commence et finit sur un écran » a résumé doctement Aziz Sabri, chef de service adjoint « aménagement numérique » au conseil départemental du Jura.
Aux termes d’une étude réalisée en 2019, le touriste lambda prépare son voyage et réserve ses hébergements sur le net. Cela, à hauteur d’un tiers par des écrans mobiles a précisé Aziz Sabri, une proportion qui selon lui peut atteindre 80% pour les réservations de dernière minute !

4G privée ou fibre optique : l’espoir d’un mieux

Sur place, le touriste utilise également abondamment le numérique pour trouver des services ou de l’information. Enfin, une fois rentré à la maison, il partage sur les réseaux sociaux, les blogs…et note aussi ses expériences.
Seul hic : de nombreux exploitants de camping constatent l’inadéquation entre le dimensionnement des réseaux actuels et l’affluence estivale : de Cerniébaud à Lons en passant par Clairvaux, ça se bouscule au portillon !
Selon un des campings de Clairvaux, « 5.000 à 6.000 touristes se connectent en plus de la population locale ». Le réseau 3G/4G semble saturer (quand il existe), d’où l’équipement de certains professionnels en « émetteurs 4G » pour un coût certain (200 à 300€/mois cités à l’assemblée générale), mais une efficacité semble-t-il attrayante.
La fibre optique devrait aussi permettre de bien meilleures connexions via le wi-fi, puisque Aziz Sabri a rappelé les investissements très conséquents en cours du Conseil départemental du Jura : 50.000 prises FTTH (Fibre optique jusqu’au domicile), 20.000 prises montée en débit entre 2018-2022 et 83.000 autres prises FFTH entre 2021-2025.

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere

La plage de la Pergola à Marigny, fait le bonheur de milliers de vacanciers européens chaque été.

Encore des efforts à faire

Selon l’enquête précitée, 81% des hébergements touristiques du Jura (toutes natures confondues) disposent d’un site internet, mais les deux tiers n’ont pas encore fait de démarches pour acquérir des compétences numériques.
62% proposent une connexion wi-fi à leurs clients, mais il s’agit souvent d’une connexion « sauvage » et non sécurisée sur leur box professionnelle. 61% sont présents sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram en particulier), mais 27% seulement de ceux-ci animent leur réseau tous les jours. Enfin la France et le Jura reste toujours à la traîne en dehors de la langue de Molière : 60% des sites ne sont pas traduits en langue étrangère. 85% de l’échantillon ayant répondu considère cependant que le numérique peut avoir un impact positif sur leurs activités.

Le nouveau bureau de Jura camping

Président : Jean-Pierre Costentin.
Vices Présidents : Alain Barbier et Lionel Millot.
Trésorier : Alain Barbier.
Secrétaire : Jean-Michel Millot.
Après 24 ans de présidence, Jean-Pierre Costentin a confié vouloir passer la main d’ici 2 à 3 ans.