Les bouteilles en verre consignées font leur retour

Grâce à l’association « J’aime mes bouteilles », 15.000 d’entre elles seront mises en vente en magasins bio, pour retourner chez des vignerons et brasseurs jurassiens une fois lavées.

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Après triage, les bouteilles seront lavées dans une machine qui garanti un état "comme neuf".

Et si on revenait aux consignes ? Une idée qui naguère avait connu un vrai succès -les plus âgés s’en souviennent- et qui a repris du poil de la bête à la faveur de la protection -croissante- de notre environnement. A la base, une idée simple : plutôt que de jeter des bouteilles en verre, pourquoi ne pas les réemployer telles quelles ? C’est à partir de ce concept que l’association « J’aime mes bouteilles », présidée par Julien Bouzenot, espère en 2021 déployer un réseau de vente et de collecte. D’après lui, les bouteilles de vin du Jura se prêtent bien à cette expérimentation –qui sera l’une des premières en France- car « 60% de ces bouteilles sont consommées localement » et car l’idée maitresse consiste à mettre en place un circuit court (moins de 300 km) entre le point de vente, le point de tri et de lavage, le vigneron et le retour en point de vente. Selon Julien Bouzenot, une première expérimentation pour récupérer tous types de bouteilles s’est déroulée entre 2016 et 2018, mais s’est heurtée à certains obstacles techniques, à commencer par l’étiquette : « certaines étaient difficiles voire impossibles à décoller » en raison de plusieurs paramètres (type de colle et de papier, d’impression, taux d’encrage, etc.).

Un appel à projet national

« J’aime mes bouteilles » a tiré les leçons de cette expérience et acquiert un parc de 15.000 bouteilles qui seront vendues à des vignerons et des brasseurs volontaires, avec pour contrepartie d’utiliser des étiquettes hydrosolubles. Afin d’inciter les consommateurs –autre maillon de ce cercle vertueux- à rapporter leurs bouteilles vides dans le point de vente (bio ou équitable pour commencer) où ils les ont achetées,  « J’aime mes bouteilles » envisage d’instaurer un consigne sur chaque bouteille (par exemple 1 €). Un modus operandi qui limitera peut-être l’acte d’achat aux consommateurs les plus « verts », mais qui devrait permettre à l’expérimentation de connaitre un succès à partir duquel elle pourrait être étendue aux grandes et moyennes surfaces de notre département…avant qui sait la région ou la France ? Après un levée de crowfunding réussie fin 2020 (11.775 € récoltés grâce à 150 contributeurs), « J’aime mes bouteilles » participe depuis janvier à un appel à projet de la Fabrique Aviva pour décrocher un prix au national.

Pour soutenir l’association : www.lafabriqueaviva.fr

Julien Bouzenot, président de l’association “J’aime mes bouteilles” (et directeur de Rudologia) espère voir l’initiative s’étendre à tout le Jura.

Comment cela marche ?

Entre 2021 et 2023, les 15.000 bouteilles de l’association (basée à Lons) circuleront entre 15 vignerons et brasseurs du département et 5 points de vente/collecte. Une fois ramenée au point de vente, la bouteille (consignée) sera triée, lavée puis remise à disposition des vignerons. Etc, etc.