Aux Archives Départementales : « du haut de ces rayonnages, 10 siècles vous contemplent »

Les archives, c'est un monde à part voué à la poussière et au mystère. Néanmoins, il faut aller au-delà des apparences, car, il est vrai que les archives assurent et assument un rôle de mémoire. Sans archives, pas d’histoire. Les Archives Départementales invitent à une navigation dans le temps. Nous vous invitons à l'exploration d'un univers « vivant à flux constant ».

0
52
les bâtime,ts abritant lesArchives.


La création des Archives Départementales date de la loi du 5 brumaire an v (26 octobre 1796). Jusqu’à cette date, ce sont les paroisses qui en grande partie conservaient les fonds. C’est une institution ouverte à tous les citoyens, créée pour centraliser les titres et les papiers des institutions abolies par la révolution et accueillir les documents des nouvelles administrations au fur et à mesure où elles n’en ont plus besoin.
Les Archives Départementales sont maintenant sous la direction du Conseil départemental du Jura. Elles conservent la mémoire écrite de l’ensemble du département. Leurs collections s’étendent depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.

la salle de lecture.

21 km d’archives sont conservées à Montmorot !

Jusqu’en  1977, les Archives cohabitent avec la Préfecture. Ne pouvant plus accueillir d’archives, par manque de place, elles s’installent dans un bâtiment indépendant, construit sur l’ancien site des salines de Montmorot. Entre 1998 et 2000 fut édifiée une nouvelle tour pour accueillir des magasins de conservation, et un nouvel espace pour le public. Ces travaux permirent un réaménagement interne et l’installation des ateliers de reliure et de photographie en de nouveaux locaux.
C’est donc maintenant 21 km de rayonnages sur huit étages qui accueillent les fonds actuels et avenirs avec toutes les conditions de sécurité requises.

Le stockage des plans.

Une navigation dans le temps…

L’institution Archives est tenue de conserver l’ancien et d’accueillir les nouveaux, depuis le livres du scriptorium (atelier des moines copistes) de l’abbaye de Saint-Claude du IX siècle jusqu’aux dernières délibérations du Conseil départemental. Le document le plus ancien conservé aux archives est un registre parchemin de Bède le Vénérable du Xième siècle, restauré en 2011, provenant de l’abbaye de Saint-Claude. Il s’agit d’un commentaire sur l’Évangile de Saint Luc. Certains « beaux » exemplaires ont été, eux, déposés à la bibliothèque de Saint-Claude.

La salle des photos.

Quatre missions relevant uniquement du département

Si la mission d’État est exercée en amont de toutes les autres et consiste au contrôle scientifique et technique des archives publiques, quatre autres missions relèvent du département :
– La collecte des documents à conserver définitivement, elle concourt directement à l’enrichissement continuel des fonds.
– Le  tri, le classement et l’inventaire des documents du classement et de l’inventaire des documents.
– La conservation matérielle des documents, le cas échéant leur reproduction, leur reliure et même parfois à leur restauration.
– Enfin, la communication au public qui a lieu exclusivement en salle de lecture et maintenant sur le portail internet.
Ces missions sont toutes connectées les unes aux autres, et toutes indispensables.

Le scannage des documents.

Un atelier de reliure et de restauration

La reliure protège le livre, elle assure sa cohérence et sa pérennité. Dans l’atelier, rien n’est mécanisé, et tout se fait de manière manuelle. La colle est faite maison avec des matériaux naturels. Le travail du carton et du cuir est lié à celui de la technique du traitement des peaux et de l’imprimerie également. Par contre, on ne cache jamais la restauration qui peut rester visible, il ne s’agit pas de créer des faux mais de stabiliser la dégradation des documents et d’en assurer la conservation. On ne crée pas une œuvre d’art, même si la dorure est encore pratiquée.

Le travail de reliure.

La salle de lecture, un trait d’union avec le public

L’entrée des Archives mène directement à la grande salle de lecture. Son accès est rigoureusement contrôlé. Les visiteurs, à leur entrée doivent remplir une fiche, avec leur identité et indiquer le thème de leur recherche. Les trois quarts des demandes traitent de la généalogie, pour le reste, il s’agit d’histoire, de patrimoine, ressources juridiques ou histoire ancienne. Les gens devenant de plus en plus procéduriers, il peut s’agir de querelles de voisinage concernant par exemple un droit de passage sur un chemin et nécessitant la consultation des plans cadastraux ou de minutes notariées…

Une infime partie des rayonnages.

Un nouveau portail internet

La numérisation des données et des documents est un phénomène irréversible. Or la durée de vie d’un document numérisé n’est pas assurée, d’où la volonté de conserver les documents papier qui revêtent un “caractère sacré”, car, elles sont la source originelle et intangible de toute histoire, car certains ont un âge canonique voire vénérable.
Depuis le 18 octobre 2017, le nouveau portail internet des archives est ouvert, offrant de nombreuses informations. A ce jour, 3 millions de vues numérisées sont accessibles en ligne. Par contre, de nouvelles obligations légales et réglementaires ont un impact direct sur la communication, la reproduction, l’utilisation des données publiques. Ou encore, le règlement européen sur la protection des données en vigueur depuis mai 2018.

Le registre parchemin de Bède du xième siècle.

Des ateliers ouverts au public

Après l’ouverture du nouveau portai internet, une réflexion a été engagée sur les nouveaux modes d’accueil physique possible du public. De ce fait, à partir du premier semestre 2019, des ateliers ont été mis en place se concentrant sur les priorités relevées. La découverte du portail des Archives, la première visite en salle des archives et l’initiation à la généalogie ont représenté les premiers ateliers. Il s’y est rajouté récemment un atelier de calligraphie spécialement orienté vers le jeune public qui a remporté un franc succès.
Ces ateliers permettent de rencontrer un public plus large, tel qu’on peut le voir lors des journées du patrimoine. Même si le programme de ces ateliers a été largement perturbé par le covid 19…

D’où l’intérêt de consulter les Archives du Jura

« Un peule qui oublie son passé se condamne à le revivre ».

Cette célèbre phrase prêtée à Winston Churchil prouve l’utilité des archives qui sont le lieu de conservation des sources qui permettent d’écrire l’histoire et de connaître le passé. Longtemps négligées par les historiens, les archives des petites communes sont précieuses pour la recherche. On y trouve des renseignements uniques sur l’histoire sociale et architecturale, l’histoire de l’enseignement, l’histoire, l’histoire économique, la démographie….
Elles sont la mémoire écrite d’un passé où chacun est en droit de trouver « tout document qui l’intéresse à tous les échelons de l’organisation territoriale : archives nationales, départementales, communales… »

Quelques chiffres :
21 km de rayonnages sur 8 étages de rangement.
3 millions de vues numérisées.
21 personnes travaillent aux archives Départementales.
Près de 16 000 documents consultés chaque année.

lasalle de lecture.