Le SMUR 2 Jura sud vivra

Seule l’organisation sera modifiée, puisque des ambulanciers extérieurs viendront conduire les véhicules de secours médicalisés. Avec l'espoir de sortir d'une crise médiatisée jusqu'au plan national.

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Plus de 400 manifestants s'étaient de nouveau mobilisés le 10 juin devant l'hôpital pour que le SMUR 2 vive.

Le 2e équipage du SMUR Jura sud n’existe plus « administrativement » à compter du 1er juillet : ainsi en ont décidé l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté et Guillaume Ducolomb, directeur du Centre Hospitalier Jura Sud.
Mais il continuera bel et bien à exister dans les faits ! Après des mois d’incertitudes et d’incompréhension, les choses ont enfin été éclaircies lors d’une conférence de presse le 20 juin. Au cours de celle-ci, Guillaume Ducolomb a exposé le modus operandi qui permettrait d’assurer la sécurité de plus de 100.000 jurassiens sur une vaste moitié sud du département et au-delà (Saône et Loire).
Pour « maintenir la possibilité de projeter une équipe médicale et prendre en charge deux patients au même moment », le Centre Hospitalier Jura Sud conservera le matériel (dont les véhicules) et le personnel dont il dispose actuellement…excepté les six ambulanciers conduisant ces véhicules. Pour les remplacer, deux conventions sont en cours d’élaboration avec l’ARS (qui en sera le financeur) : l’une avec les ambulanciers privés de la place (un tour de garde devant être établi), l’autre avec le Service Départemental de Secours et d’Incendie (SDIS) pour dépêcher un pompier (professionnel ou volontaire) si besoin.
Mais des médecins urgentistes s’inquiètent de l’efficacité d’un tel dispositif hybride : « Les délais d’intervention seront forcément rallongés » estime Eric Loupiac, urgentiste par ailleurs délégué de l’AMUF. Yves Duffait, lui aussi médecin urgentiste, s’interroge sur la formation du conducteur aux prises en charge de détresses vitales (connaissances médicales, connaissance du matériel, du contenu des sacs embarqués dans les véhicules, du secteur SMUR, etc…). En effet, l’ambulancier du SMUR n’est pas un « simple » chauffeur, mais aide l’infirmière durant les interventions vitales.

Deux nouveautés dont une unité de surveillance continue

Pour Guillaume Ducolomb, il était cependant important de récupérer ces 6 ambulanciers hospitaliers pour les déployer vers un nouveau service de Transports Infirmiers Inter-Hospitalier (une quasi-première selon lui à l’échelon national), permettant de sécuriser le « transfert des patients vers d’autres centres hospitaliers ».
Et de rappeler le fâcheux précédent d’août 2018 où l’hôpital de Saint-Claude était « boycotté » par les ambulances privées, alors que les actes chirurgicaux doivent désormais être effectués à Lons…
Autre nouveauté de cette réorganisation : la création d’une « unité de surveillance continue » (6 lits) permettant de faire le lien entre les services d’urgence et de réanimation parfois saturés, une nouveauté attendue depuis… 20 ans.
Par ailleurs, « 5 infirmières seront recrutées d’ici le 1er août au service des urgences », pour pallier entre autres à 4 congés maternité. Pour compléter ce bouquet de solutions, la régulation (centre 15) à Besançon a été sensibilisée, afin de mieux couvrir le Jura sud par l’hélicoptère Héli 25.
Au final, les urgentistes estiment avoir été pour partie entendus, même s’ils restent inquiets sur les pertes de chance, voire les complications ou décès pour les patients : « En cas de dysfonctionnement du SMUR 2, nous invitons les patients et leurs familles à porter plainte contre le directeur de l’hôpital et l’ARS ».

Un nouveau défi sportif pour le SMUR 2

182 km et 2900 m de dénivelé, c’est le pari un peu fou que se sont lancés des anciens patients pris en charge par le SMUR 2 de Lons et une bande d’amis. Le but étant de partir de l’un des points les plus bas du Jura (la grotte de Nevy-sur-Seille) pour monter au point le plus haut le 25 juin. Au menu des huit relayeurs : spéléologie, course à pieds, vélo de route, vtt, canoë, voilier, descente en rappel, via-ferrata pour une arrivée au Crêt Pela à l’altitude de 1495 m (commune de Lamoura). Pour financer ses actions, l’association « Du blanc pour sauver des vies » fondée par Yves Duffait vend également de voiturettes (goodies) “SMUR2 Lons” de marque Vilac (Moirans en Montagne), édition limitée en bois.

Vente au 06 70 39 22 11. 10€ l’unité.
Plus d’informations : Facebook « Du blanc pour sauver des vies »/ Twitter « Patients Jura ».