Le restaurant municipal fait recette

Les produits locaux sont préférés au « bio » importés parfois de l’autre bout du monde. Et les 90.000 repas livrés par an sont en constante progression.

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Les scolaires font des jaloux grâce à des repas municipaux plutôt goûteux et équilibrés.

« Du mouton bio de Nouvelle-Zélande, voire du lapin venu de Chine ? », Guy Saillard, maire de Champagnole n’en veut pas.
Pas plus que Bruno Fas, directeur du restaurant municipal pour qui il faut privilégier les produits locaux, voire les circuits courts : « On n’a pas la maitrise de l’origine des produits bio, qu’ils soient frais ou surgelés » a-t-il expliqué lors du conseil municipal de mars. C’est pourquoi des petites commandes sont réalisées auprès de producteurs locaux : « On achète 5 kg de pleurotes par quinzaine aux serres de Ney, ou du porc venu de Salins-les-Bains qui sera abattu est découpé à l’abattoir de Champagnole » ou encore des yaourts Maugain (produits dans le haut Doubs). Ces régulières commandes ont pour but d’aider les producteurs locaux « à se stabiliser et se développer» a expliqué le directeur.
La majorité des produits restent cependant issus de la grande distribution, puisque la loi régissant les appels d’offres ne permet –hélas- pas d’y inclure un critère de proximité (« libre concurrence » oblige…). Le restaurant municipal s’est par ailleurs transformé depuis l’arrivée de Bruno Fas : exit les lourds plateaux remplis d’assiettes petites ou grandes. Elles ont été remplacées par des barquettes plastiques permettant un gain de temps et de praticité, autorisant ainsi au service d’étendre son rayon d’action. Il devient ainsi possible de livrer des particuliers sur « Sapois, Equevillon ou Cize » par exemple a expliqué Guy Saillard.

Un service à domicile plus performant

Autre nouveauté : la livraison de 20 repas par jour au Sivos de la Fresse et autant à l’école de Crotenay. « On est de plus en plus sollicités par des écoles alentour » a confié Guy Saillard. Le self service située à l’Oppidum de Champagnole profite aussi de cette embellie avec 80 repas par jour en moyenne. La seule limite à cette croissance se situe au niveau des locaux situés au 1er étage de l’Oppidum (frigos en particulier) et du service de distribution : « On a encore une marge de progression de 40 à 80 repas par jour » a précisé le directeur qui a vu les demandes exploser depuis janvier (+18%). Guy Saillard a confirmé que le restaurant rend « un fier service à nos aînés et contribue à leur maintien à domicile », d’autant plus que les commandes passées avant 10h peuvent être livrés dès le lendemain. Pour les week-ends, le restaurant est désormais en mesure de livrer le vendredi les repas pour 3 jours (contre 2 auparavant). Idem pour les jours fériés, grâce à davantage de souplesse et de réactivité. Alors, à table !

“Désormais, nous livrons même les repas pour les dimanches” a précisé Bruno Fas, directeur du restaurant.

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En chiffres

90.000 repas préparés par an
350 à 450 repas préparés du lundi au vendredi
50 plateaux pour la résidence Socié
20 plateaux à l’école de Cize, 20 à celle de Crotenay, et 20 au Sivos de la Fresse
80 plateaux distribués chez des particuliers

Une filière viande courte

Alain Cusenier, conseiller municipal, a confirmé la création du « Comptoir champagnolais des viandes », créé pour alimenter la restauration collective et individuelle. En partenariat avec la société Viandes Nature Jura, les bêtes (porc et bœuf) seront achetées à des éleveurs locaux pour être préparées à l’abattoir champagnolais. De quoi assurer un débouché à ceux-ci et rassurer les consommateurs sur l’origine des mets présents dans leurs assiettes…

Plus de sauces pour la résidence Socié

« Plus de sauces et de purée » : les désidératas des seniors de la résidence Socié sont mieux pris en compte a expliqué Ghislaine Benoit, conseillère municipale en charge des affaires sociales. « Une commission repas » a été créée et fonctionne bien pour prendre en compte les besoins spécifiques des personnes âgées. Le restaurant municipal a pu s’adapter grâce à une programmation des menus à leur goût sur quatre semaines.