Le restaurant municipal sert d’exemple pour la région

L'exemplarité de sa démarche environnementale pourrait être généralisée aux lycées de Bourgogne Franche-Comté, à la faveur de la nouvelle loi Egalim.

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Le président et la vice-présidente du CESER (au centre) ont visité la totalité du restaurant municipal.

« Aller sur le terrain pour dénicher les pépites, ce qui marche bien » : telle est l’intention de Dominique Roy, président du CESER (Conseil Economique Social et Environnemental) pour éclairer la région Bourgogne-Franche-Comté, et généraliser si possible les succès locaux.
Il a été servi lors de sa visite du restaurant municipal de Lons-le-Saunier le 7 mai : accompagné de Nicole Guyot, vice-présidente du CESER (résidant à Beaufort), de Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier, et de Didier Thévenet, directeur du restaurant, il a pu apprécier cet antre du locavorisme. « Un mot accepté ce jour même dans le Larousse », a souligné Jacques Pélissard, signifiant une consommation d’aliments de proximité pour favoriser le développement durable.
Un mot qui colle bien à la philosophie qui prévaut depuis 20 ans rue du Levant : travailler main dans la main avec des producteurs du Jura (pour partie en bio). « Avec une part de 23% de légumes biologiques utilisés (et 31% pour les produits bio ou locaux), la cuisine centrale est en avance et au-delà des impératifs de la loi » a précisé Jacques Pélissard.
200 tonnes de fruits et légumes sont travaillés et conditionnés chaque année dans la légumerie. Une légumerie de 400 m2 (inaugurée en 2015), où les légumes (pommes de terre, carottes, et autres céleris ) sont lavés, épluchés, râpés voire surgelés.
« Cet investissement de plus d’un million d’euros résulte d’une volonté politique forte” soulignait en 2015 Didier Thévenet, le charismatique directeur (félicité par le CESER et par Jacques Pélissard pour son dynamisme et ses innovations).

50% de produits bio ou locaux dans les lycées en 2022

Grâce aux 1.510.000 repas servis chaque année (au self, mais aussi aux enfants des écoles de Lons, et aux personnes âgées ou hospitalisées), c’est toute une filière qui a la pêche. Du côté des maraichers bio, on se félicite en effet de ces pas en avant qui assurent “encore plus de débouchés”, mais aussi “une visibilité permettant aussi d’investir dans nos exploitations”.
« Au-delà de ce partenariat gagnant/gagnant, c’est aussi la qualité environnementale » qui en bénéficie a fait remarquer Jacques Pélissard, puisque les nappes phréatiques de Villevieux (qui alimentent une bonne partie de Lons en eau potable) s’avèrent ainsi protégées contre l’introduction d’intrants.
Reste maintenant à savoir dans quelle mesure l’exemple vertueux de Lons pourrait faire des émules dans la grande région. Le CESER s’en inspirera pour conseiller la région BFC qui doit appliquer la loi Egalim -votée en 2018-  dans ses nombreux lycées (50% de produits bio, locaux ou sous signes de qualité, dont 20% de bio à l’horizon 2022) a expliqué Nicole Guyot.
Quant au restaurant municipal, une réflexion est en cours pour étendre le bio à la fabrication des pâtes alimentaires : des agriculteurs pourraient s’engager à cultiver du blé dur. Et rejoindre ainsi les 100% de pain bio et de bœuf bio entre autres.