Le pont de Chamblay inauguré

Alors que la vétusté provoque la chute de certains ouvrages d’art, le Jura peut se vanter de posséder un pont flambant neuf à Chamblay. Évitant des détours à divers usagers, ce pont à deux voies fut inauguré à la fin du mois dernier par Clément Pernot, président du conseil départemental du Jura. Retour sur l'événement.

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Ce pont à deux voies fut inauguré à la fin du mois dernier par Clément Pernot, président du conseil départemental du Jura.

L’histoire d’un pont

En 1865, une demande est formulée par le conseil municipal pour l’élévation d’un pont sur la Loue afin d’accroître les liens entre les deux rives. Inaugurée en 1869 – soit il y a 150 ans – cette réalisation fut archaïque en 1933. Un nouveau pont à arches fut alors opérationnel dès 1935.

« Durant la Seconde Guerre mondiale, il servira de point de contrôle allemand pour traverser la ligne de démarcation. En 1944, des combats se dérouleront au croisement de la croix à Chatelay et dans Chamblay pour empêcher les Allemands de le détruire. Durant ces combats, 11 Français et 50 Allemands perdront la vie », souligne Philippe Brochet, maire de Chamblay avant de poursuivre, « dans les années 1960, le tracé de la Loue est modifié. Cette modification va entraîner un enfoncement de son lit, nécessitant des travaux 20 ans plus tard sur les piles datant du premier pont ».

En 2008, celui-ci fut limité à 3,5 tonnes. Rapidement, les cars, les camions et les tracteurs durent faire de pénibles détours. La volonté de reconstruire un nouveau pont était alors importante. Néanmoins, le coût d’une telle réalisation freina l’avancée du projet. En février 2018, les travaux débutèrent toutefois. Ils s’achevèrent en novembre 2019.

Le Jura peut se vanter de posséder un pont flambant neuf à Chamblay.

Un pont confortant des liens

Le département ayant financé l’ensemble des coûts de cette construction, Clément Pernot rompit le ruban inaugural. Les 4 400 000 euros investis permettront de faciliter la vie des agriculteurs, des transporteurs, et plus globalement, des riverains.

D’après le président du conseil départemental, ce pont « conforte les liens entre le territoire et le département. Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation d’agir de la sorte, c’est-à-dire que l’euro public devenant une denrée extrêmement rare, il nous faudra créer de nouveaux partenariats, de nouvelles manières d’œuvrer ensemble. […] On retiendra que ça a été le premier exemple d’une volonté de mener ensemble la construction ».

« On a beaucoup de produits céréaliers qui arrivent de l’autre côté de la Loue. Ce pont est avant tout un pont économique » explique Philippe Brochet. Michel Rochet, président de la communauté de communes du Val d’Amour se rappelle que « l’ancien pont était trop étroit. On a gagné en amélioration des conditions de circulation ».

Clément Pernot (président du conseil départemental du Jura), Gérôme Fassenet (conseiller départemental du Jura), Natacha Bourgeois (conseillère départementale du Jura) et Marie-Christine Chauvin (sénatrice du Jura).

Un pont vers le développement durable

Un usager souhaitant conserver l’anonymat insiste sur le fait que « la Loue est une rivière qui coupe un peu le Val d’Amour, mais est en même temps sa richesse ».

Durant la construction, cette richesse se manifesta. En effet, des castors furent observés à proximité des travaux. Des grenouilles habitaient dans la mare tandis que des chauves-souris vivaient sous l’ancien pont de décharge. Sous le nouveau pont de décharge – puisque « c’est deux ponts qui sont inaugurés » souligne le premier magistrat de la commune – des nichoirs pour les chauves-souris furent installés. Des oiseaux s’abritent également sous le nouveau pont.

« On retiendra que ça a été le premier exemple d’une volonté de mener ensemble la construction », Clément Pernot.

S’inscrivant dans cette dynamique, un nouveau pont devrait voir le jour à Salans. « Et là, on a un avantage appréciable, c’est que l’autre rive est dans le Doubs » ironise Clément Pernot avant de dévoiler que finalement, « le Doubs a accepté de financer 50 % », ce qui devrait résoudre tout problème d’entente entre les deux départements.