Le point sur la situation épidémique en Bourgogne-Franche-Comté et l’application locale des mesures de confinement

Fabien Sudry, Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Préfet de la Côte-d'Or, ainsi que Pierre Pribile , Directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, ont tenu à convier la presse ce vendredi 30 octobre après-midi, afin de faire le point sur l'épidémie de Covid-19, et de décliner la mise en place des nouvelles mesures de confinement sur le plan régional.

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Les enfants devront porter le masque à partir de 6 ans, dès ce lundi en classe.

“Aujourd’hui la discipline individuelle doit rejoindre la discipline collective” insistait d’emblée le représentant régional de l’État.
D’où la nécessité selon lui, d’informer le grand public par plusieurs biais : le site officiel de l’État : www.gouv.fr  et par téléphone au 0800 130 000.
Lequel précisait néanmoins qu’une certaine tolérance s’appliquerait de la part des forces de l’ordre ce week-end pour les retours de vacances, pour les lieux de culte et les cimetières (où la présence des patrouilles de Police et Gendarmerie sera d’ailleurs renforcée suite aux dramatiques événements survenus à Nice).

Les plus fragiles sont les plus touchés

Pierre Pribile soulignait quant à lui une accélération très brutale de l’épidémie dans notre région.
“On a rejoint la moyenne nationale alors que nous étions en dessous. Le taux d’incidence est supérieur à 400 pour 100 000 habitants. Il a doublé en 8 jours. Il est à 600 dans le Jura et en Saône-et-Loire. Le taux de positivité des test atteint 20%, soit 7% de plus en une semaine”.
Mais le plus préoccupant reste le taux d’incidence enregistré chez les plus de 65 ans qui est de 460 pour 100 000 habitants. Celui-ci étant supérieur à la situation générale, les plus fragiles sont donc les plus touchés.
L’impact hospitalier est également majeur puisque 850 personnes sont hospitalisées, dont 109 en réanimation.
“Le rythme d’entrée augmente tous les jours avec 100 entrées par jour dont 15 en réanimation, soit l’équivalent du 20 mars dernier. Voilà pourquoi il était indispensable de prendre des mesures de freinage d’urgence”.
Tout en sachant que pour les 15 jours qui viennent, les dés sont jetés… Puisque ceux qui vont rentrer à l’hôpital dans 10 ou 15 jours sont déjà contaminés ou malades.

2000 hospitalisés dans 15 jours, et plus de 300 en réanimation !

La seconde vague s’annonce donc plus élevée d’ici à la mi-novembre, puisque pas moins de 2000 patients hospitalisés pour des formes graves sont prévus, auxquels s’ajouteront plus de 300 personnes en réanimation !
“D’où la mobilisation totale des établissements de santé avec le plan blanc qui a conduit à la déprogrammation des opérations non urgentes. On voit aussi s’accélérer le transfert de certains patients provenant des hôpitaux les plus tendus (notamment ceux du Jura) vers d’autres régions”.
Le Directeur général de l’ARS terminait cependant sur un souffle d’optimisme :
“Pour que la situation de mi-novembre soit un pic, il faut que le confinement réussisse c’est-à-dire l’appliquer strictement ! Que chacun soit un acteur de ce succès en appliquant rigoureusement les gestes barrières partout et tout le temps…  Que la vague reflue le plus vite possible. Car un effort colossal attend nos soignants pour les semaines à venir.
Sans parler d’un absentéisme préjudiciable lié à la fatigue accumulée depuis mars et à l’épidémie touchant aussi le personnel soignant”.

“La sécurité est assurée en classe”

Pour sa part, Jean-François Chanet, Recteur académique de la région Bourgogne-Franche-Comté, Recteur de l’Académie de Besançon, a tenu à rappeler quelques principes qui lui sont chers face à certaines interrogations bien légitimes.
En effet, plusieurs parents rechignent à remettre leurs enfants à l’école voire indiquent clairement qu’ils ne les y enverront pas ce lundi 2 novembre, puisque les établissements qui les accueillent (à l’image de nombreuses classes primaires à double ou triple niveaux, certains collèges ruraux et la majorité des lycées) ne pouvant pousser leurs murs, ne sont pas en capacité de respecter scrupuleusement la distanciation physique d’un mètre entre chaque élève. Il y a donc un risque de contamination potentiel et particulièrement anxiogène pour certaines familles comportant l’un de leur membre dit “à risque”.
Si ce membre venait à être contaminé (et à finir en réanimation voire pire…) les familles affirment qu’elles déposeront plainte contre l’établissement scolaire ou l’éducation nationale.
Même angoisse quant au port du masque qui sera obligatoire pour les élèves de CP, CE1, CE2, CM1, CM2 dès lundi.
Le recteur a alors expliqué que la situation était ressemblante à la précédente mais complètement nouvelle, “avec des défis inédits, sans précédent pour notre système scolaire”.
En réaffirmant avec conviction :
“Il y a besoin d’école. En raison de la qualité et de la rigueur appliquée, ce n’est pas dans le cadre scolaire que la contamination est la plus forte, même s’il y a eu quelques contaminations marginales. (Au 16 octobre, 27 écoles étaient fermées sur les 61 500 du pays soit 0,04 %…)”.
Pour lui il apparaît clair que “la sécurité est assurée en classe”.
“Il n’y a pas de danger particulier à ce qu’un enfant aille à l’école plutôt que de le laisser dans le cercle privé où le virus circule davantage…”
Tout en reconnaissant “la difficulté de concilier tout ce qui est attendu de nous…”

Dans la mesure du possible…

“Nous nous trouvons confrontés à un double risque, sanitaire et sécuritaire.
Nous œuvrons à la limitation du brassage, on déplace les élèves le moins possible (les professeurs se déplacent et non les élèves). On respecte tous les gestes barrières, toutes les distances… dans la mesure du possible…”
Et d’ajouter qu’étaient en jeu “des considérations sociales déterminantes”.
“Nous ne voulons laisser aucun enfant sans instruction, nous voulons éviter les risques de décrochage que l’on a subis au printemps, malgré les efforts de maintien de continuité du lien pédagogique qui ont été déployés”.
Du côté des points d’ombres aussi “quelques difficultés sur les désinfections et les nettoyages attendus”.
“Le masque est une fourniture scolaire que les parents doivent fournir, l’institution vient cependant en aide des familles qui ne peuvent pas y contribuer. Idem pour les attestations justifiant les déplacements. Une souplesse reste envisagée pour les lycées, avec du cas par cas, vers un mixte de présentiel et distanciel”.
Des mesures à confirmer et à aménager dans les jours à venir… Surtout avec la réforme du bac qui s’annonce. Tandis que le monde universitaire passera lui majoritairement en distanciel.
“Notre mission reste le maintien du service public” concluait le Recteur.