Le père Noël met le turbo pour livrer ses cadeaux

La Poste livre des colis à tour de bras, près de 3,5 fois plus que la normale. Une conséquence directe de l’explosion du e-commerce et surtout les suites des confinements.

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Jusqu'à 10.000 colis transitent chaque jour sur la plateforme de tri : une cadence effrénée.

« Du jamais vu » de mémoire de facteur. En ce mois de décembre, la Plateforme de Préparation et de Distribution Courrier (PPDC) de Lons a multiplié par 3,5 son trafic habituel de colis, transformant les quelques 1000 m2 situés dans la zone industrielle de Perrigny en une véritable ruche. Une hausse à comparer avec le trafic multiplié par 2,5 l’an dernier à même époque, qui prouve selon sa directrice, Thérèse Roy, que le e-commerce a bien profité des confinements. Selon elle, certains consommateurs ont cédé aux sirènes des GAFA, craignant de manquer de cadeaux à mettre au pied du sapin. A la Poste, on met cependant tout en œuvre pour acheminer dans les meilleurs délais (48 heures en Colissimo) les colis par milliers. « La plate-forme ouvre dès 4h20 du matin jusqu’à 19h30 » explique Thérèse Roy, et une vingtaine d’intérimaires ont été embauchés pour épauler les 300 agents habituels. « Notre objectif est qu’aucun colis ne stagne au PPDC, car nous ne saurions de toute façon pas où les stocker » confie la directrice, consciente que les clients deviennent de plus en plus exigeants sur les délais de livraison.

Thérèse Roy, directrice de la plateforme de Lons, manage plus de 300 postiers.

Des robots aussi au tri…

Plus de 700 communes sont distribuées par le PPDC de Lons, un chiffre considérable où La Poste apporte sa valeur ajoutée : « Notre connaissance du territoire nous permet d’acheminer à bon port des colis dans les zones rurales »…y compris lorsque l’adressage laisse à désirer. Depuis les regroupements de hameaux, puis de communes, les « 7 Rue de l’église » peuvent correspondre à 2, 3 ou 4 lieux différents, d’où l’importance d’être le plus précis possible dans les libellés. Un manque d’attention peut porter préjudice aux destinataires, surtout lorsque les colis passent dans la plateforme régionale de tri, située à Saint-Laurent la Mure (69). Des robots peuvent y ‘avaler’ des centaines de milliers de colis, sans toutefois lire dans le marc de café. Le trafic supplémentaire de colis et l’augmentation de leur taille engendre aussi une flotte de véhicules plus imposante (utilitaires de 5 m3 au lieu de 3 m3), tandis qu’Amazon a même mis en place une livraison spécifique chaque jour à 4h30. Cette évolution compense l’effondrement du trafic courrier, ainsi que les multiples services désormais rendu par les facteurs : « veiller sur mes parents », livraisons de fleurs, de médicaments, de livres, de produits frais, etc. Après un coup d’accélérateur pour le « Black Friday », le trafic devrait se calmer en fin d’année….pour mieux reprendre début janvier pour les retours de cadeaux non adaptés aux desiderata des clients.

Dans le Jura Nord aussi

La plateforme (PPDC) de Dole achemine sur les secteurs de Chaussin, Poligny, Bracon Salins, Mont sous Vaudrey, Orchamps et Dole de nombreux colis : jusqu’à 5556 colis traités en novembre soit 3,5 fois plus qu’une journée habituelle, et jusqu’à 7000 colis en décembre, soit 4 fois plus de trafic. 155 agents s’y emploient, avec un renfort de 25 intérimaires, soit un total de 180 collaborateurs. Cette année, les clients semblent avoir anticipé leurs cadeaux de Noël d’environ 2 à 3 semaines par rapport à une année classique.

Les colis, une fois triés, partent vers d’autres plateformes de distribution.