Le moral des jurassiens à rude épreuve

Alors que la pandémie sanitaire s’éternise, le lien social et le vivre-ensemble se meurent : des victimes collatérales qui engendrent par ricochet des dégâts psychologiques non négligeables.

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Pas facile, facile de vivre quand les mots "plaisir" et "joie" ont été bannis, et que cette situation s'éternise depuis un an.

Depuis le 23 mars 2020, Santé publique France a lancé l’enquête CoviPrev en population générale afin de suivre l’évolution des comportements. Une enquête réévaluée chaque quinzaine, et dont la méthodologie et les moyens peuvent asseoir une certaine crédibilité. D’après ses dernières  conclusions, « la santé mentale des Français s’est significativement dégradée depuis fin septembre avec une augmentation importante des états dépressifs pour l’ensemble de la population (+12 points). Des hausses importantes ont été observées en particulier chez les jeunes (+18 points chez les 18-24 ans et les 25-34 ans), les étudiants (+29 points), et les personnes déclarant une situation financière très difficile (+18 points) ».
Une augmentation continue des états dépressifs est observée et le taux de personnes concernées a plus que doublé entre fin septembre (11%) et fin novembre (23%).

72% des Français se sentent plus déprimés que l’année dernière à la même époque 

En outre, selon un sondage Qapa du 18 janvier « 72% des Français se sentent en effet plus déprimés que l’année dernière à la même époque » et le climat sanitaire en est la cause pour 57% d’entre eux.
Pas besoin de lire dans le marc de café pour deviner ce qui fait le contexte d’un moral en berne, l’étude Coviprev le met d’ailleurs en exergue.
« Une moindre pratique d’activité physique, un temps passé assis élevé, une rupture de sédentarité peu fréquente et un temps passé devant un écran pour les loisirs ont été plus fréquemment déclarées par : les personnes anxieuses, les personnes ayant des troubles dépressifs, les personnes ayant des problèmes de sommeil ».
A propos de la sédentarité qui a bondi, Coviprev constate une situation assez effarante : « Pendant le confinement, le temps moyen passé assis a été de 6h19 par jour. Un tiers des personnes interrogées (33,4%) a déclaré passer plus de 7h assis par jour, plus fréquemment les 18-24 ans, et les personnes ayant travaillé à domicile.
« Les états dépressifs, après une augmentation observée mi-avril 2020, avaient significativement diminué suite à la levée du 1er confinement », ce qui tendrait à prouver que la baisse de moral est réversible avec la libération des corps et des esprits…