Le Décolletage jurassien décolle

L'entreprise conforte sa place de numéro un des pièces inox grâce à de nouveaux investissements.

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Les élus locaux et le sous-préfet ont apporté leur soutien à la florissante entreprise.

Le saviez-vous ? Si votre voiture contenait il y a une quinzaine d’années seulement une vanne EGR dans son échappement, elle peut compter aujourd’hui 5 ou 6 sondes, un fitre à particules, un injecteur d’Ad Blue, etc. Une complexité croissante qui explique pourquoi le site champagnolais du Décolletage jurassien ne connait pas la crise.
Selon son directeur, Cédric Jeanningros, l’usine a certes pâti du 1e confinement avec “-80 % de production en avril et -75 % en mai 2020”, mais les voyants sont vite revenus au vert avec un chiffre d’affaires remonté à 100% fin 2020. Il faut dire que la PME qui emploie une cinquantaine de salariés dans la zone industrielle s’est taillée une solide réputation dans la micro-mécanique, avec la production de pièces en inox de qualité. Si l’automobile représente 80% de la demande, Cédric Jeanningros précise que le médical et le pharmaceutique tiennent la deuxième place (avec par exemple la fabrication d’éléments pour des respirateurs ou des gaz médicaux), l’usine ayant également pour clients l’aérospatiale, l’armement…ou la cosmétique (un nouveau partenariat avec l’Oréal débouche sur l’arrivée d’une machine novatrice).

Une tolérance de 20 microns !

Pour satisfaire ces clients particulièrement exigeants, l’usine a investi dans des machines de tournage multibroches qui à partir d’une barre en inox sont capables de produire des pièces de quelques millimètres, avec une tolérance de 20 microns. “Leur parc a triplé en 10 ans” (à 800.000 € pièce) détaille l’heureux directeur, “car elles peuvent fabriquer un produit en 15 à  20 secondes, contre une minute auparavant”…ce qui acquiert toute son importance lorsqu’on sort plusieurs millions d’unités par an.
Selon Cédric Jeanningros, une nouvelle machine dernier cri à 1,1 million € devrait arriver prochainement, suivie d’une dizaine d’autres. L’usine de 4.600 m2 affichant complet, les anciennes machines déménageront de l’autre côté de la rue, dans l’entreprise Ardec qui appartient aussi au groupe. Tout ceci représente un investissement considérable, justifié par la nécessité de conserver une place de numéro un en Europe sur ce marché très spécialisé.
“Nous sommes le principal fournisseur de Faurecia, et nous livrons sur les cinq continents” explique le directeur.
Avant cela, les pièces (d’un montant unitaire inférieur à 0,50 euro) sont rigoureusement contrôlées, car une minuscule pièce peut bloquer une voiture sur la chaîne de production. “Pour s’assurer de la conformité du taraudage, nous vissons 100% des pièces soit 20.000 par jour” poursuit-il. Une caméra visualisant en 3D des pièces (de plus en plus complexes) devrait aussi arriver dans les jours à venir pour parfaire ce process qualité. De nombreuses mutations qui accompagnent celle de véhicules de plus en plus “propres”.

Les pièces sont soigneusement contrôlées avant de partir vers les quatre coins du monde.

Un peu d’histoire

Créé en 1938, le Décolletage jurassien a vécu jusqu’en 1993 avant de cesser son activité. Repris un an plus tard, il pose ses valises dans la zone industrielle en 2000. Après le rachat de Décolletage Morel et Ardec, l’activité s’envole à partir de 2009, date à laquelle l’entreprise devient le fournisseur leader de Faurecia. Le chiffre d’affaires de 6 millions d’euros décolle pour atteindre 50 millions d’euros aujourd’hui.