Le Clus’Ter Jura, un atout pour le territoire

Le Clus’Ter Jura est une Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), construite autour d’un projet, elle a pour objectif de produire, dans un intérêt collectif, des biens ou des services ayant un caractère d’utilité sociale au profit d’un territoire ou d’un secteur d’activité. Porté durant 2 ans par Juratri, le Clus’Ter s’est structuré en SCIC Jura devenant ainsi une véritable plateforme de coopération reconnue. Elle développe des partenariats avec les intervenants économiques et sociaux du territoire et créent avec eux des nouvelles activités. Maï-Lys Regad, chargée de mission a accepté de répondre à nos questions.

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L'équipe Clus'Ter Jura.

Brièvement, qu’est-ce-que le Clus’Ter Jura ?
Nous sommes un pôle territorial de coopération économique, créé en 2014 à l’initiative de Juratri de Lons le Saunier, qui est un acteur dans l’insertion des personnes en difficulté en leur faisant faire des parcours de 18 mois. La question se posait dans le cadre de ses réflexions stratégiques de trouver pour ces personnes de l’emploi durable, et ancré sur le territoire. Cela correspondait à l’appel à projet du gouvernement pour créer ces pôles qui sont des structures qui visent à faire coopérer tous les acteurs sur un territoire.
Porté durant presque 2 ans par Juratri, nous avons pris notre « indépendance » en 2016 sous le statut juridique SCIC SA ( société coopérative d’Intérêt Collectif ), devenant ainsi une véritable plateforme de coopération reconnue. C’est pourquoi en rejoignant le sociétariat du Clus’Ter, les acteurs du territoire deviennent membres de la coopérative et développent ensemble l’économie locale, créent des emplois non délocalisables et co-construisent les entreprises de demain.

Que diriez-vous aux entreprises qui voudraient vous rejoindre ?
D’abord, qu’elles croient en la capacité des acteurs jurassiens à se mobiliser et à valoriser les ressources du territoire pour créer ensemble de l’emploi. Savoir qu’elles vont participer à une démarche coopérative innovante en proposant des projets et accéder à l’ingénierie de l’équipe tout en soutenant le développement de projets locaux porteurs de sens. Nous sommes établis selon les principes coopératifs où “un homme=1 voix”, donc leur avis comptera.
Nous avons actuellement 73 sociétaires, entreprises, collectivités,  ECLA, Petite montagne, mairies……Nous ne cherchons pas à tout prix un grand nombre de sociétaires, mais d’avoir le maximum de coopération entre les acteurs avec plutôt des relations et des coopérations de qualité. Aujourd’hui, nous sommes 6 salariés et quelques stagiaires.
Notre président est le directeur de Juratri.

Comment vous inscrivez-vous dans le maillage du territoire ?
Notre territoire est le pays lédonien qui regroupe ECLA , Bresse haute Seille, Pays des lacs, Porte du jura, Petite montagne, et Région d’Orgelet. Notre mission est de faire coopérer l’ensemble des acteurs du territoire, collectivités, entreprises, associations, citoyens, autour de projets qui créent de l’emploi et qui valorisent les ressources du territoire. Tout territoire a des ressources qui sont peu ou pas exploitées. Notre idée est de pouvoir détecter ces ressources et les valoriser pour créer des activités économiques qui créent de l’emploi.

Votre action est-elle entièrement orientée vers les entreprises de l’ESS ?
Non, nous sommes ouvert à tous, tous les acteurs qui ont envie de faire des projets pour et vers le territoire. C’est l’esprit ESS, mais nous ne sommes pas fermés

Quelles sont vos missions ?
Nous sommes à l’écoute des acteurs qui peuvent nous contacter. On ne se voit pas comme un bureau d’études, on se veut un bureau de projet et pas pour faire de l’étude pour de l’étude. Je prends l’exemple de la Petite montagne, les élus connaissent à fond leur territoire mais ne savaient comment s’y prendre pour sortir des projets. C’est nous qui les avons aidé à mettre le doigt sur les ressources qu’ils possèdent. Par exemple beaucoup de producteurs qui avaient envie de faire des choses, un gardien de déchetterie qui voulait monter une recyclerie…Nous avons donné à ces gens le moyen de s’exprimer. Nous animons maintenant un collectif sur ce projet de recyclerie. C’était une idée d’un des acteurs qui s’est concrétisée.
Nous n’avons pas vocation à porter les projets mais à les faire émerger, et accompagner le collectif jusqu’à ce qu’il soit autonome. Ce sont des projets à moyen terme dont les membres doivent s’habituer à travailler ensemble. Nous sommes là pour aiguiller ce collectif sur des questions techniques ou juridiques

Quels services proposez-vous aux entreprises ou collectivités ?
Un territoire peut venir par exemple nous solliciter, nous sommes à leur écoute et essayons d’identifier toutes les ressources qu’elles soient physiques ou humaines. Par exemple, la Haute Seille est venue nous voir en disant : « On a des étangs, on ne sait pas quoi en faire ». On a alors réuni tous les acteurs pour essayer toutes les pistes d’identification, et c’est la piste piscicole qui s’est avérée la plus pertinente. Derrière, on a accompagné les 5 derniers pisciculteurs du territoire à se constituer en association et aller chercher un marché avec le restaurant municipal de Lons pour l’approvisionner en filets de carpe, chose qu’ils n’auraient pas pu faire avant car pour un pisciculteur seul le volume n’aurait pas été suffisant. On part d’une ressource sur un territoire, on met tous les acteurs autour de la table, on définit un projet et on accompagne ce collectif.

Comment vous faites-vous connaître ?
Nous commençons à être connus et reconnus. Nous avons été labellisés « French impact » qui est un label national qui vise des territoires qui sont innovants en matière d’innovations sociales et écologiques et qui réunissent des acteurs autour de projets innovants. 19 autres territoires ont été labellisés. Le Jura est déjà pionnier sur ces thématiques avec un écosystème favorable au montage des ces projets.
Nous organisons aussi Start’up du territoire depuis deux années, ateliers créatifs pour faire réfléchir les gens et créer les collectifs et derrière accompagner les projets les plus prometteurs. Nous avons également Appel à idées par une campagne d’affichage « vous avez une idée, pour créer de l’emploi sur le territoire, soumettez la ». Aujourd’hui, on  a une quarantaine de réflexions qui nous ont été soumises, genre agriculture urbaine ou développement des vergers par exemple. L’objectif est de sortir 2 à 3 projets viables à l’année.

Quels sont vos objectifs à plus ou moins long terme ?
Il faut savoir que pour voir aboutir un projet et le concrétiser, nous sommes des fois amener à explorer une dizaine de pistes, le travail est assez long, entre le moment où on va identifier la ressource, qualifier le projet et trouver le porteur, on doit aussi vérifier si il y a un marché en face.
Nous avons un projet emblématique qui est de recycler les bouteilles de vin du Jura. On part d’une ressource qui est les bouteilles pour construire une filière pour les recycler sur le territoire. On sait que le vin est majoritairement consommé localement, donc on peut récupérer une bonne partie des bouteilles. On a créé toute une filière avec des points de collecte et un prestataire qui lave et remet en circuit. La bouteille recyclée est bien sûr vendue moins chère. Une expérimentation a été menée pendant 1 an. Le bilan est mitigé, mais avec de bonnes choses qui sont ressorties. On relance une seconde expérimentation avec un modèle un peu différent. Notre force est de s’adapter à différentes thématiques. Nous ne sommes pas des experts mais des facilitateurs. 5 projets ont déjà aboutis et plusieurs en phase de test. Nous croyons beaucoup à l’expérimentation plutôt qu’à de longues phases d’étude en confrontant la phase de test avec la réalité. Nous travaillons sur du concret.

Serez-vous amené à étendre votre zone de compétence ?
Nous n’avons pas vocation à nous disperser, mais plutôt étendre notre maillage sur tout notre territoire et conforter notre modèle. Nous faisons parti d’un collectif régional, le Générateur Bourgogne-Franche-comté qui regroupe des acteurs qui font le même métier que nous. Pour le reste du Jura c’est France active Franche Comté qui fait le même métier que nous d’émergence de projets.

Clus’Ter Jura
55, rue Basse, 39570 Conliège.
Tel: 03 84 47 75 94
www.cluster-jura.coop/

Evénement Tourisme et innovation à Cernon 2018 (photo Jean Paul Barthelet)
Start’Up Jura de Territoire 1ère édition 2016 ( photo, Clus’TEr Jura)
Start’Up de Territoire 2ième édition 2017 (photo, Jean Paul Barthelet).
Evénement Demain Petite Montagne (photo, Clus’Ter Jura).
Evénement Tourisme et innovation (photo, Jean Paul Barthelet).