Le boom du portage de repas à domicile

Depuis la pandémie, le restaurant municipal de Champagnole livre hardi-petit.

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David Dussouillez, 1e adjoint de Champagnole, a effectué une tournée de livraisons à domicile.

Plus 12% en mars, plus 27% en avril, plus 27% en mai, plus 36% en juin : depuis la pandémie, les livraisons de repas à domicile s’enchaînent au restaurant municipal de Champagnole. “C’est la course pour le livreur” témoigne David Dussouillez, premier adjoint de la ville de Champagnole : “J’ai fait une tournée avec lui pour me rendre compte” explique-t-il. “Nous avons été sollicités par des familles habitant parfois loin (Paris, Lyon ou le Nord) qui s’inquiétaient pour leurs parents qui ne pouvaient plus faire de courses” explique à posteriori Bruno Fas, directeur du restaurant municipal.  Idem pour des familles plus proches, mais ne pouvant plus assurer la livraison des courses. “On a été très réactifs” reconnaît-il, car il y avait à l’époque péril en la demeure. Des demeures que seul le livreur a approché, avec prudence : “Les repas étaient si possible déposés sur un réceptacle à l’extérieur du domicile”. En termes de logistique (personnel et véhicules), le restaurant municipal ne peut aller au delà des communes limitrophes : Sapois, Chaffois, Ney, Cize, Equevillon, Saint Germain en Montagne… “Une réflexion est en cours pour créer une livraison de repas au niveau de la communauté de communes” rappelle David Dussouillez, mais cela supposerait la création d’un nouveau restaurant territorial, celui de Champagnole étant ‘au taquet’.

Des produits si possible locaux et bio

L’autre actualité, c’est la réouverture du self depuis le 31 août : une bonne nouvelle pour les habitués, constitués pour bonne part de travailleurs souhaitant déjeuner rapidement…et bien ! Car comme le souligne Bruno Fas, “mon cheval de bataille reste les circuits courts”. En dehors des marchés importants où les appels d’offres sont remportés par de gros groupes, “nous souhaitons devenir un vrai soutien pour l’agriculture locale et bio” assure-t-il. “Nous passons beaucoup de temps à structurer le marché, rassurer les fournisseurs”. Objectif : assurer des commandes modérées mais régulières, afin que les producteurs puissent développer leurs exploitations en confiance. Un challenge adapté à la taille du restaurant municipal : s’il sert environ 90.000 repas par an, cela représente une moyenne de 500 couverts par jour. Une “échelle humaine” qui permet de travailler ‘à l’ancienne’.

Quels produits locaux dans votre assiette ?

Du fromage de chèvre de Boujailles (Mr et Mme Marchal), des légumes de Salins (Le radis qui pique), de l’agneau de la Côte de l’Heute, du poulet fermier de Monnet la Ville, de la viande de producteurs locaux abattue à Champagnole, des champignons des serres de Ney, etc.

Les tarifs

9,10 € le repas pour la livraison à domicile et une moyenne de 10 € à 10,50 € pour le self, des tarifs étudiés “afin de ne pas créer de concurrence avec les restaurateurs champagnolais” nuance David Dussouillez.