Le bilan après Covid avec Philippe Tissot, viticulteur arboisien

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« Nous avons été très impactés par cette crise, souligne Philippe Tissot du Domaine Jacques Tissot. Nous n’avons réalisé que 10 % de notre chiffre d’affaires en avril, 25 % en mai, plus une perte significative aussi en mars. Quelques-uns de nos employés ont été mis en chômage partiel, notamment dans les bureaux ».

Qu’attendez-vous de l’État ?

« Pour ce qui nous concerne, notre interlocuteur est la Fédération des Vignerons Indépendants de France. C’est une commission syndicale, réunissant des juristes très pointus, qui nous représente auprès du ministère de l’agriculture et à Bercy. Les informations dont j’ai connaissance, sont que l’état a donné une enveloppe globale sans indication de répartition. Au départ seuls ceux qui avaient à minima 80 % de perte seraient aidés, ce qui ne satisfait pas les Vignerons Indépendants. Des négociations sont actuellement en cours, mais nous avons l’impression de n’être écoutés qu’à moitié ».

Comment vivez-vous cette sortie de crise ?

« Le commerce repart depuis quinze jours, la fête des pères nous a amené de la clientèle dans les caveaux, bien que moins importante que les années précédentes. Et puis à ce jour, tout se passe bien dans les vignes, aucune maladie à noter.
Les vendanges quant à elles s’annoncent précoces puisqu’elles pourraient commencer 2e quinzaine d’août. Mais ce ne sont que des probabilités, Dame Nature nous confirmera dans les semaines à venir ».

Avec ce plongeon des ventes, ne risquez-vous d’être en surstock avec la récolte qui s’annonce ?

« Non, nous avons une capacité de cuverie qui nous permet d’avaler la récolte. Mais je pense à des collègues qui ont des petites cuveries, eux risquent de se trouver en difficulté ».