L’AMAP « Les Jardins de la Guinguette » gérée par Adeline et Anne-Sophie

Le soutien des communes est un bon allié.

197
Adeline.

En 2012, Adeline s’est installée seule sur l’exploitation pour faire du maraichage. Précédemment, elle exerçait le métier de graphiste dans le domaine de la publicité mais elle est née à la campagne dans la région de Belfort et son père était agriculteur. Après quelques années à Paris, une profonde envie de revenir en milieu rural s’imposait à elle. L’idée de se mettre à son compte lui plaisait beaucoup donc elle se lance.
Anne-Sophie la rejoint cette année 2019, après avoir suivi une formation de responsable d’exploitation agricole en bio et obtenu la Capacité Agricole. Adeline avait aussi suivi cette même formation au moment de sa reconversion. Anne-Sophie a auparavant suivi des études universitaires et obtenu un Master d’Espagnol. L’envie de travailler la terre lui plait et elle accepte la cogestion de l’exploitation avec Adeline.

Avec l’aide de la Plaine Jurassienne

L’exploitation est située sur le village de Mouthier-En-Bresse et une partie des cultures sont sur le village des Hays. Ces deux communes sont très rurales. Le maire de Mouthier-En-Bresse a tout de suite épaulé le projet du maraichage bio ; il est très à l’écoute, s’intéresse à ce qui se fait sur l’exploitation et en parle autour de lui. La Communauté de Communes La Plaine Jurassienne, dont fait partie Les Hays, a été aussi d’un grand soutien pour l’exploitation et l’AMAP par la mise en place du marché de producteurs.

Semis carottes primeurs.

Lancement de l’AMAP et son développement

Au départ Adeline a commencé en auto-financement et pouvait fournir entre 10 et 15 paniers par semaine sur les 3 saisons (printemps, été, automne). Au fur et à mesure les demandes ont progressé. Aussi avec l’aide de la chargée de mission de l’Association Le Serpolet de Dole, Adeline a pu être soutenue pour la mise en place de l’AMAP ; grâce à son aide, des réunions d’information ont pu être organisée à Chaussin, ce qui a permis de trouver de nouveaux clients. Même si, lors des premières années, la diversité était moindre, les clients sont restés fidèles et Adeline les remercie profondément pour leur engagement durable.
Elle rappelle « c’est grâce aux amapiens que je vis car leur engagement mensuel permet un revenu constant et sûr. D’ailleurs, j’aime beaucoup le moment de la distribution car cela permet un contact avec ces clients et des liens se tissent au fil du temps. C’est vraiment un choix que nous avons fait de constituer une AMAP et c’est cette commercialisation que nous privilégions. Nous sommes très soucieuses de satisfaire notre clientèle au plus près de leurs attentes. Nous ne négligeons pas pour autant les marchés comme celui du Deschaux le 1er samedi du mois où le soutien des bénévoles est précieux car ce sont eux qui se chargent de l’intégralité de l’organisation. » Elle participe aussi à un marché en milieu rural à Fretterans (71) qui vient de voir le jour, (dernier dimanche de chaque mois).

Des légumes de saison…

Les différents légumes produits le sont durant les trois saisons, printemps, été et automne et concernent une quarantaine de variétés de légumes différents (tomates, poivrons, aubergines, concombres, choux, salades, cèleris branches et racines, carottes, pommes de terre, poireaux, cotes de bettes, radis noirs, betteraves rouges, petits pois, haricots verts, échalotes, oignons, ail, maïs, haricots secs…, des plantes aromatiques, des fruits comme le melon, la pastèque, les pommes, les châtaignes, les noix, noisettes…).
Quatre hectares sont entretenus (herbage) et un peu plus d’un demi-hectare est cultivé auquel se rajoute deux tunnels froids de 500 m² chacun.

Récolte courges spaghetti.

Projets à venir et à tenir

Adeline et Anne-Sophie insistent sur le fait qu’il serait important d’obtenir un plus grand nombre d’amapiens tant sur Dole qu’à Chaussin et même Besançon. D’ores et déjà à Dole, le jeudi soir, les productrices distribuent une vingtaine de paniers et le même nombre à Chaussin le vendredi soir et sur Besançon ce sont de plus petits paniers mais qui sont au nombre de 50. Il serait nécessaire pour cela d’accentuer l’aspect publicitaire afin de se faire connaitre de façon plus large.
Retenons également que pour produire plus, tout en composant avec la nature, il faut mener des actions. D’ailleurs, dans ce sens, en 2017, un dossier déposé auprès de FNE (France Nature Environnement) dans le cadre du projet régional Biodiversit’haies a permis la plantation de 800 arbustes autour de la parcelle de culture à Mouthier-En-Bresse dans un but d’apporter plus de fraicheur, une diversité faunistique plus importante afin de recréer des haies naturelles riches en biodiversité. En 2019, les plantations devraient se poursuivre avec l’aide de l’Association des Croqueurs de Pommes afin de multiplier la diversité arborifère en retenant des variétés adaptées tant à la région qu’au climat en évolution.

Éviter la mouche du chou !

Adeline et Anne-Sophie vont continuer de faire tous leurs plants de légumes ce qui leur permet de reproduire des semences pour les adapter au terroir ; ces plants mettront entre 2 et 3 ans à s’acclimater à la région.
Les étés devraient continuer d’être chauds aussi, il est prévu un blanchiment des serres à la chaux afin de réduire la chaleur à l’intérieur de celles-ci.
La mouche du chou devient un parasite quasi systématique donc il sera nécessaire à partir de cette année de tendre des filets sur les choux afin d’éviter son installation. Lorsqu’il n’y a pas de moyens naturels pour lutter contre un parasite, la culture attaquée sera abandonnée au profit d’une autre car comme l’explique Adeline :
« Même si certains traitements sont autorisés dans le bio, nous ne souhaitons pas les utiliser car nous voulons rester dans le 0% de pesticides. Si besoin nous pouvons être amenées à utiliser le bicarbonate de soude ou l’appât au ferramol mais également avec modération même si ce sont des produits naturels ».
D’ailleurs dans ce sens ce que développent ces maraichères, ce sont les engrais verts (blé, seigle, sarrasin, phacélie…) permettant d’amender les parcelles, d’apporter de l’azote et d’assouplir le sol. Le fumier de cheval provenant de chez un particulier sera assaini (chauffé) afin qu’il soit dans le 0% de produits chimiques et étendu sur les sols.

Composer avec la nature

Pour produire plus, Adeline et Anne-Sophie se sont équipées ; elles ont acheté une planteuse multiplants, une bineuse et un semoir 2 rangs d’occasion. L’idée est de n’utiliser que des outillages non rotatifs et dans ce sens elles ont 3 outils agricoles qui sont des équipements qui ont été modifiés et adaptés aux cultures bio lors de stages d’auto-construction organisés par le groupement Ateliers Paysans ; il y a des chantiers de ce type partout en France.
Adeline rappelle  : « Notre mission est de satisfaire au mieux notre clientèle tout en composant avec la nature. C’est aussi une manière de sensibiliser les gens à ce mode de culture 100% bio pour leur santé, le bien de la planète et de tous ses habitants ».

Contact :
Les Jardins de la Guinguette : 06 68 05 43 91
3 formules de paniers proposées : solo, duo ou famille
(Engagement d’Avril à Janvier)